Économie de la République populaire de Chine

La Chine est la deuxième puissance économique mondiale après les États-Unis. Le pays a connu une croissance économique particulièrement soutenue depuis les années 1980...

Cependant, la population reste relativement pauvre : en parité de pouvoir d'achat, on évalue le PIB par habitant en 2010 à 7 400 dollars par habitant, ce qui place la Chine au 126e rang mondial. En 2008, il s'agissait plutôt de 6 200 dollars contre 10 300 de moyenne mondiale. Ces chiffres recouvrent de fortes disparités entre régions et entre individus.

 

Le Chine fournit 33 % de la croissance mondiale.

Dirigée par le parti communiste depuis 1949, la Chine s'est dirigée depuis la fin des années 1970 vers ce que le pouvoir appelle une « économie socialiste de marché ». Le secteur public continue à tenir une importante place dans la vie économique mais les entreprises privées y joue un rôle croissant et le pays s'est fortement intégré dans le système économique mondial. Depuis 2001, la Chine est membre de l'Organisation mondiale du commerce.

Si l'agriculture occupe toujours une grande partie la population active (soit, en 2010, 39,5 % de la main d'œuvre chinoise), elle ne contribuait qu'à 9,6 % du PIB en 2010. L'industrie en revanche prend une place prépondérante : elle emploie environ 27 % de la population active et est le secteur le plus prolifique en Chine avec une production de presque la moitié de la richesse nationale, soit près de 47 % du PIB[5] Le fort excédent commercial provoqué par les exportations industrielles ont permis au pays de se constituer des réserves de change qui atteignaient officiellement environ 2450 milliards de dollars en juin 2010[6]. Ces réserves donnent au pays une puissance financière considérable.

Historique

L'économie chinoise avant Mao Zedong

Comme dans la plupart des autres grandes régions du monde, la production de nourriture a représenté l'activité économique principale en Chine pendant des millénaires. Une particularité de la Chine est la densité de population relativement forte dans les zones cultivables, surtout à partir de la dynastie Song. Elle a conduit à une recherche particulièrement active de meilleurs rendements, par l'irrigation notamment. La culture végétale (blé et surtout riz) a été privilégiée sur l'élevage[7] L'époque Song a marqué une période de progrès et de prospérité pour la Chine. De 1300 à 1820 en revanche, il ne semble pas que la richesse par habitant ait augmenté, mais la population totale passe de 100 à 380 millions de personnes environ[8]. Au XVIIIe siècle, la croissance démographique a sans doute provoqué une dés-urbanisation relative, et peut-être une légère baisse du niveau de vie[9].

Au XIXe siècle, le pays connaît de graves troubles. En 1842, par la traité de Nankin, la Chine vaincu lors de la première guerre de l'opium, doit accorder des privilèges commerciaux et territoriaux aux Anglais. Au cours du siècle, d'autres « traités inégaux » doivent être signés avec les puissances européennes, les États-Unis et le Japon. À partir de la fin du siècle, les Européens contrôlent une partie de l'économie chinoise, notamment dans des régions littorales. Dans le même temps, de nombreuses rébellions éclatent à l'intérieur du pays. Celle des Taiping a fait des dizaines de millions de victimes.

Vers la fin du XIXe siècle, certaines régions du pays connaissent un début d'industrialisation. Des usines et des lignes de chemin de fer sont construites[10]. La situation politique reste cependant assez chaotique, et le niveau de vie moyen ne progresse pas très sensiblement. En 1937, le pays entre dans une guerre longue et meurtrière avec le Japon. Il semble qu'en 1949, la Chine ait été plus pauvre qu'au début du XIXe siècle[11]

L'économie communiste de la période Mao Zedong

L'avènement de la République populaire de Chine en 1949 a marqué le début d'une période de relative autarcie économique et de réformes économiques et sociales à l'efficacité variable. Certes le régime est parvenu à juguler les famines épisodiques dont souffrait la population chinoise et a permis à tous les habitants d'avoir accès aux besoins minimums vitaux (nourriture, eau potable, santé publique, soins médicaux). Ces efforts colossaux ont permis au pays de ne pas s'endetter. Mais des erreurs monumentales dues à un manque complet de sens des réalités ont aussi été commises, notamment le Grand Bond en avant de 1958 à 1960 qui causa une grande famine et in fine la mort de 20 à 60 millions de personnes entre 1959 et 1962. La Révolution culturelle de 1966 à 1976 désorganisa ensuite surtout l'économie urbaine pendant un lustre et malmena fortement le patrimoine historique et culturel du pays.

L’essor de « L’économie socialiste de marché » sous Deng Xiaoping

Deng Xiaoping en 1979.

Après la mort de Mao Zedong en 1976 et l’arrivée de Deng Xiaoping au pouvoir, une formule inédite - l’économie socialiste de marché - a permis à la Chine d’ouvrir progressivement son économie tout en conservant son régime politique. Depuis les années 1980, la Chine est ainsi devenue progressivement un acteur majeur d'abord dans les industries de main d'œuvre, industries textiles et objets manufacturés de basse qualité, conservant des prix très bas grâce à une main d’œuvre nombreuse et bon marché ainsi qu'à un taux de change très compétitif, lui valant le surnom d’« atelier du monde ».

L'ouverture économique chinoise repose sur des Zones économiques spéciales (ZES), zones de territoires offrant des conditions très avantageuses pour les firmes multinationales, mais les obligeant à laisser leurs technologies en cas de délocalisation des usines. Ces zones occupent maintenant presque tout le littoral chinois.

En 2008, Hu Jintao célèbre trente ans de réformes qui ont fait de la Chine une puissance qui compte de plus en plus dans le monde. Un certain nombre de points essentiels peuvent être relevés, qui sont une sorte de résumé du système économique et social chinois :

  • Constatation : Le taux moyen de croissance annuel a été de 9,8 %, soit plus de trois fois la moyenne mondiale, ce qui a eu pour conséquence que l'économie chinoise est devenue la quatrième du monde, représentant 6 % du PMB en 2008 contre 1,8 % en 1978.

Adhésion à l'Organisation mondiale du commerce

L'élément clé de l'insertion de la République populaire de Chine dans l'économie mondiale a été son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à compter du 11 décembre 2001.

Cette adhésion, officiellement demandée par la République populaire de Chine le 10 juillet 1986, a couronné vingt ans d'un travail de réformes économiques soigneusement planifiées[12] et fait suite à quinze ans de dures négociations[13]. Les négociations permettant cette adhésion ont abouti, le 17 septembre 2001[14].

Suite à ces négociations, la République populaire de Chine a donc adhéré à l'OMC le 11 décembre (cérémonie de signature à Doha le 11 novembre[15])[16], pour devenir officiellement membre de l'OMC au 1er janvier 2002.

Comme défini lors des négociations, la République populaire de Chine s'engageait à libéraliser son économie et devait en particulier :

  • accorder un traitement non discriminatoire à tous les membres de l'OMC. Toutes les entreprises étrangères se verraient accorder un traitement qui ne serait pas moins favorable que celui accordé aux entreprises chinoises en matière de commerce ;
  • ne pas pratiquer de contrôle des prix à des fins de protection des producteurs ou fournisseurs de service locaux ;
  • refondre sa législation intérieure, présente et future, pour la mettre en accord avec l'accord conclu avec l'OMC ;
  • dans les trois ans suivant l'adhésion, donner le droit à toutes les entreprises d'importer, d'exporter et de commercer librement avec l'étranger, avec un nombre limité d'exceptions ;
  • ne pas maintenir ou accorder de subventions à l'exportation sur ses produits agricoles.

Ces accords ont permis à la Chine de s'insérer avec succès dans la mondialisation de l'économie, dont elle est un des acteurs majeurs. Aujourd'hui, la Chine est fréquemment surnommée « l'atelier du monde » car de nombreuses entreprises sous-traitent la fabrication de produits manufacturés et ainsi réduisent énormément leurs coûts. La plupart des usines ont à disposition une main-d'œuvre disponible en grand nombre permise par le plus grand exode rural jamais observé dans l'histoire. Les conditions de travail sont souvent sujettes à de vives critiques de la part d'observateurs étrangers. L'industrialisation et le développement du pays se fait souvent aux dépens du monde agricole et rural : témoin, des milliers de révoltes paysannes, la plupart inconnues des médias, qui ont affecté le pays ces dernières années, notamment en raison d'expropriations immobilières (projet du barrage des Trois-Gorges, en particulier).

Toutefois, la Chine est en manque croissant de main-d’œuvre qualifiée et bon marché, avec pour conséquence directe la hausse des coûts salariaux : le salaire minimum, par exemple, a été rehaussé à 850 RMB au mois d'avril dans la ville de Shenzhen.

Cependant, la Chine a besoin d'un développement très soutenu de son économie pour accroître la prospérité de l'ensemble de la population. C'est pourquoi à l'heure actuelle, la monnaie chinoise, le yuan est maintenu à un niveau considéré par les États-Unis comme artificiellement bas vis-à-vis du dollar américain, permettant à la Chine d'engranger des excédents commerciaux records, quitte à financer ensuite eux-mêmes les déficits américains.

Ce débat, vieux de plusieurs années, a pris une acuité nouvelle avec la crise des subprimes, et a fait l'objet au début de 2009 de déclarations très critiques de la part de la nouvelle administration Obama. Timothy Geithner a en effet accusé la Chine de sous-évaluer volontairement le cours du yuan[17], voire d'avoir contribué à la crise financière internationale en laissant par ce biais se creuser les déficits américains[18].

Un autre domaine, celui du respect des droits de la propriété intellectuelle, donne également lieu à des tensions entre la Chine et les autres pays membres de l'OMC : les États-Unis ont en effet déposé à l'OMC une plainte contre la Chine au sujet des droits de propriété intellectuelle, qui a donné lieu à un rapport de l'OMC du 26 janvier 2009[19].

La Chine actuelle face à la mondialisation

 

 

Hong Kong possède l'économie la plus libérale du monde.

 

Shanghai est la ville la plus peuplée de Chine et possède le plus grand port du monde.

Ce n’est que plus récemment que certaines entreprises chinoises ont su imposer leur marque dans des secteurs de pointe, et le rachat d’entreprises étrangères.

L’adhésion de la Chine à l’OMC en 2001 a confirmé sa place grandissante dans l’économie mondiale, se profilant comme un nouveau centre économique à l’instar des États-Unis, de l’Union européenne et du Japon[21]. Les exportations chinoises sont très compétitives et constituent une grande partie du déficit commercial américain. La Chine dispose aujourd'hui d'énormes réserves de change. Elles garantissent 18 mois d'importation, en couvrant 10 fois les dettes à court terme du pays et en gageant 20 % de la masse monétaire. Dopée par l'excédent commercial, la Banque du Peuple engrange 15 milliards de dollars de devises supplémentaires chaque mois.

Actuellement, on constate un décalage entre le littoral et le Centre de la Chine. Le premier étant bien plus développé et intégré que le second (plus paysan et plus pauvre).

Des délégués participant au XVIe Congrès du Parti communiste chinois en novembre 2002 à Beijing ont souligné que la réussite de la réforme des entreprises d'État — entreprise au début des années 1990 par Jiang Zemin — était primordiale pour promouvoir le développement rapide de l'économie nationale et construire une société au niveau de vie relativement aisé[22].

Mais, dans le nouveau contexte économique, les entreprises publiques- ou danwei- ont du mal à trouver leur place et rencontrent de plus en plus de difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars) en 2005, soit une augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d'État des Statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l'État atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars. L'augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficace, la surcapacité et d'importantes lacunes d'ordre technologique sont les principales causes de cette situation, selon Jiang Yuan, statisticien au BES.

Les autorités chinoises ont adopté une stratégie d’ouverture très progressive de l’économie, qui n’a commencé à se concrétiser que très récemment pour des secteurs-clés comme les banques ou les assurances. Cette ouverture parcimonieuse, synonyme d’arrivée de capitaux étrangers, lui a permis de quasiment ignorer la crise asiatique de 1997.

Affichant des taux de croissance frôlant régulièrement les 10 % par an depuis 1978, soit un doublement du niveau de vie moyen tous les huit à neuf ans compte tenu d'une croissance démographique de 1 % par an, l’économie chinoise est parfois décrite comme étant en « surchauffe ».

Crise de 2008-2009

Comme les autres pays intégrés à l’économie mondiale, la Chine est touchée par la crise économique de 2008. La récession américaine a des effets sur la croissance du pays qui dépend en grande partie des exportations et des importations.

À la fin de l’année 2008, le taux de chômage en ville serait de 9,4 % d’après un chercheur de l'Académie des sciences sociales de Pékin Zhang Chewei, soit le double du chiffre annoncé par les autorités[23]. Selon Huang Yunlong, le vice-gouverneur du Guangdong, 600 000 migrants qui travaillaient dans la province seraient retournés dans leur ville ou leur village d’origine en 2008[23].

Le gouvernement chinois annonce en novembre 2008 un plan de relance de 15 % du PNB dans les deux ans à venir pour relancer la croissance. Les 4 000 milliards de yuans (soit 454 milliards d’euros) iront à des grands travaux d’infrastructures (beaucoup de ferroviaire, ports, autoroutes, de grands travaux hydrauliques (45 %), à la reconstruction du Sichuan (25 %), au développement des campagnes (9,25 %), à l'environnement, principalement des stations de traitement des eaux usées (8,7 %), des logements sociaux (7 %), et pour la santé (1 %), etc.). Ce budget prévu contient les 1 000 milliards de yuans décidée pour la reconstruction de la province du Sichuan en juin 2008 suite au séisme du Sichuan de mai 2008[24].

Données sociales

Entre 1980 et 2010, on observe deux tendances majeures : une nette baisse de la pauvreté absolue, et une forte augmentation des inégalités.

La Chine a connu la plus importante et la plus rapide réduction de pauvreté de l’histoire. Le taux de pauvreté absolue, définie par un revenu inférieur à un dollar par jour (en PPA), concernait 74 % de la population au début de la réforme en 1981 pour atteindre 15 % en 2004. Les conditions de vie se sont aussi grandement améliorées depuis les années 1970 alors que l'indice de développement humain du pays s'est bonifié de 46 % en 32 ans[25]. Cependant en 2003, 30 millions de personnes sur plus de 1300 millions vivaient encore avec moins de 77 dollars par an[26]. En effet, 21,5 millions d'habitants en région rurale survivent avec moins de 90 dollars par année et un autre 35,5 millions d'entre eux vivant avec environ 125 dollars.

Dans le même temps, les différences de niveau de vie se sont nettement accentuées. Selon la banque mondiale, l'indice de Gini, serait passé de 33 à 47 entre 1985 et 2004, ce qui indique une plus forte concentration des revenus. Selon ces mesures, toujours assez imprécises, les différences sociales atteindraient un niveau équivalent en Chine et aux États-Unis[27]. Les familles les plus riches, qui représentent 8,6 % de la population totale, détiennent 60 % du capital financier[26]. Différentes études[réf. nécessaire] indiquent que les 10 % les plus pauvres de la population ont connu une détérioration très forte de leurs conditions de vie tandis que les 10 % les plus riches ont vu leurs revenus et leur patrimoine exploser. En effet, actuellement, les 10 % de la population les mieux payés en Chine le sont vingt fois plus que les 10 % les moins payés. Le nombre de milliardaires chinois en dollars est passé de 3 en 2004 à 106 en 2007[28].

L'écart de revenu entre les populations urbaines et rurales est notable alors qu'une majorité de chinois vivent encore en milieu rural[5].Les inégalités entre les villes et la campagne sont particulièrement fortes. Selon les statistiques officielles, les grandes agglomérations sont trois fois plus riches par habitant que les espaces ruraux[réf. nécessaire]. Alors que 57 % de la population chinoise vit dans un milieu rural, un citadin gagnera en moyenne 3,33 fois le salaire d'un habitant de la campagne. Le taux de chômage est aussi plus important en milieu rural alors qu'on estime qu'il atteindrait 9 % contre 4,3 % dans le reste du pays[5]. Selon la Banque Mondiale, la pauvreté toucherait près d'un Chinois sur quatre avec 350 millions d'individus vivant sous le seuil de la pauvreté qui est de moins de 1 dollar par jour.

Situation environnementale

La situation de l’environnement est préoccupante et pourrait devenir un frein à la croissance (pollution des centres industriels et urbains, diminution de la surface cultivable sous le coup de la désertification, empoisonnement des eaux douces, etc.). Les pluies acides tombent sur un tiers du territoire, les eaux contaminées tuent plus de 30 000 enfants chaque année. On estime que seule une minorité des villes chinoises (soit 40 %) aurait une qualité d'air saine[réf. nécessaire]. Cette réalité est causée particulièrement par l'exploitation du charbon, les industries et la multiplication des automobiles sur le territoire chinois.

Données sectorielles[modifier]

PIB par secteur d'activité
Secteur 19902007
Agriculture 27 11
Mines et industrie 37 43
Construction 5 6
Commerce 7 8
Transports 6 5
Finance 9 9
Administration, divers 9 18
Source : Banque asiatique de développement

Bien qu'un proportion importante de la population travaille dans le secteur agricole, la particularité de la Chine réside dans la forte contribution du secteur manufacturier dans la production nationale.

Secteur primaire

Agriculture

 

 

Agriculture en terrasses, dans le Yunnan


Riziculture dans le Sichuan

Dans les années 1990 et 2000, la part de l'agriculture dans l'économie nationale a rapidement diminué, bien qu'elle constitue encore un secteur d'activité important. Sa contribution à la richesse nationale est faible par rapport à la main d'œuvre qu'elle emploie. Selon les données officielles, environ 40 % de la population active occupée travaillait dans l'agriculture, et produisait environ 11 % du produit intérieur brut. En 1990, il s'agissait encore de 60 % de la population et de 27 % du PIB[30]. En 2010, 38,1 % de la main d'œuvre était mobilisée par l'agriculture qui ne générait que 9,6 % du PIB. Comparativement à l'agriculture des États-Unis, la même année, l'agriculture chinoise a produit huit fois plus que le secteur primaire américain (avec 9,6 % du PIB pour la Chine et 1,2 % du PIB américain) mais a mobilisé cinquante quatre fois plus de travailleurs (soit 38,1 % des travailleurs chinois contre 0,7 % de la main d'œuvre américaine)[5].Plus de 800 millions de personnes vivent dans les zones rurales.

La Chine ne dispose que de 11 % de la superficie cultivable mondiale et doit nourrir 20 % de la population mondiale. Le végétal domine toujours l'agriculture, bien que l'élevage connaisse un essor rapide. Le riz constitue l'aliment de base de la majorité de ses habitants. Bien qu'en baisse, la population agricole reste importante par rapport aux superficies arables. Dans les années 2000, 200 millions de foyers exploitant chacun, en moyenne, une superficie de 65 ares. De plus, du fait de l’urbanisation croissante, de la pollution et de la désertification, on estime que la surface cultivable diminue d’environ 2 500 km² par an. Pourtant, entre 1990 et 2003, la production agricole a augmenté de 90 %.

Bien que le parti communiste, sous l'impulsion de Mao Zedong se soit appuyé sur les paysans pour prendre le pouvoir, et qu’ils constituent donc la base de sa légitimité, ces derniers ont connu des fortunes diverses, reflétant les différentes options idéologiques suivies ces dernières décennies. Pourtant, les aides publiques ne représentent que 6 % environ du revenu des agriculteurs, contre 20 % aux États-Unis, 34 % dans l'Union européenne et 58 % au Japon.

Les revenus des agriculteurs chinois ont cependant plus que triplé entre 1980 et 2000 ce qui a largement contribué à la diminution de la pauvreté dans le pays. 400 millions de Chinois vivant dans les zones rurales sont sortis de la pauvreté entre 1979 et 2002. Ceci n'empêche pas l'inégalité croissante entre ruraux et citadins. De ce fait, la Chine est confrontée à un exode rural important. Face aux conditions de plus en plus difficiles de leur vie et au taux de chômage élevé en campagne, les paysans émigrent massivement vers les zones urbaines. On estime qu’environ 8 millions de paysans quittent la campagne chaque année pour rechercher un emploi, et que depuis 1979, entre 80 et 200 millions de paysans auraient émigré en ville.

Les terres proches des grandes agglomérations sont convoitées pour faire face au développement urbain. Zhou Tianyong, un économiste influent, estime que, depuis le début des réformes jusqu'en 2003, environ 6 700 000 hectares ont été soustraits à l'agriculture. Les paysans n'ont été indemnisés qu'à hauteur de 10 % du prix du marché[31].

Le 14 mars 2006, lors d'une conférence de presse, tenue à Pékin peu après la clôture de la session annuelle de la 10e Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois), le Premier ministre chinois Wen Jiabao annonce que la Chine infligera une punition sévère à tout individu qui réquisitionnera illégalement des terres de paysans.

Il faut souligner un paradoxe. Tandis que des terres agricoles sont menacées par l'étalement urbain, la construction des voies de communication et le développement d'une industrie rurale (de sous-traitance) mais aussi par des phénomènes de désertification, de lessivage des sols et d'érosion, la Chine a sur son territoire des fronts pionniers. Ces fronts pionniers sont différents de ceux que l'on trouve au Brésil. Ils ressemblent plutôt à des oasis : en effet ils sont installés dans des zones désertiques ou semi-désertiques de manière ponctuelle. On les trouve en particulier dans la région autonome du Xinjiang, où ils sont gérés par le Corps de construction et de production du Xinjiang.

 

Place de la Chine dans la production agricole mondiale

Culture et élevage en République populaire de Chine
  Chine
2008
Part
du total mondial
Total mondial
2008
Population (millions) 1 324 20 % 6 692
Riz, paddy (millions de tonnes) 193 28 % 685
Maïs (millions de tonnes) 166 20 % 822
Blé (millions de tonnes) 112 16 % 689
Total céréales 481 19 % 2 525
Bœufs (millions de têtes) 82 6 % 1347
Porcs (millions de têtes) 446 47 % 941
Poulets (millions de têtes) 4 602 25 % 18 398
Moutons (millions de têtes) 136 13 % 1 078
Chèvres (millions de têtes) 149 17 % 862
Viande (millions de tonnes) 75 27 % 280

Source : Faostat pour l'agriculture, Banque mondiale pour la population.

 

 

Élevage

Entre 1991 et 2002, la consommation de viande des Chinois a été multipliée par quatre. Les élevages industriels de porcs et de volailles se concentrent sur le littoral et en accentuent la pollution[32]

Énergie

Article connexe : Industrie minière en Chine.

Conséquence d'une croissance rapide et axée sur l'industrie, la consommation énergétique chinoise a très fortement augmenté au cours des années 1990 et 2000. L'efficacité énergétique a augmenté plus vite qu'ailleurs, mais, en 2007, il fallait toujours 50 % d'énergie en plus pour produire un dollar de PIB en Chine que la moyenne mondiale[N 1]. Le charbon représente 70 % et le pétrole 20 % de l'énergie consommées[33]. Il s'agit là de combustibles polluants, ce qui rend la situation environnementale assez préoccupante, générateurss de CO2, ce qui fait de la Chine le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre.

Le barrage des Trois Gorges.

Charbon

Le charbon représente la principale source d'énergie chinoise. Selon l'Energy Information Administration, la consommation du pays s'élevait 2,3 milliards de tonnes environ en 2007, soit près de 38 % du total mondial. Alors qu'elle ne dépassait pas les 2 % par an dans les années 1990, la croissance moyenne annuelle de la consommation atteint 10 % depuis 2000[34]. La production est légèrement excédentaire, permettant des exportations. En 2010, la Chine a brûlé plus de 3 milliards de tonnes de charbon (plus que les États-Unis, l'Europe et l'Inde réunis). Des prévisions indiquent que le charbon fournira encore 70 % de son énergie en 2030 (soit, en quantité, deux fois plus qu'en 2011). Dans un rapport de 2010, Greenpeace cite les cendres toxiques de charbon comme la première source de déchets industriels solides en Chine - des déchets dispersés par le vent et la pluie.

Les conditions de travail dans les mines sont souvent très dures. Selon les statistiques officielles, plus de 9200 personnes y ont trouvé la mort en 2008. Selon les données officielles chinoises, 2631 travailleurs y auraient trouvé la mort en 2009[35]. Par ailleurs, le charbon est source d'une importante pollution qui cause de graves problèmes de santé publique[36]

Pétrole

Selon l'Energy Information Administration américaine, la Chine consommait environ 7,5 millions de barils par jour en 2008, ce qui la place en deuxième position mondiale, loin derrière les 19,5 millions de barils des États-Unis. La croissance moyenne annuelle se situerait à 6-7 % dans les années 1990-2000.

En 2007, la production ne dépassait pas les quatre millions de barils par jour. La Chine doit donc importer près de la moitié de sa consommation. Le gouvernement chinois mène une politique active pour sécuriser son approvisionnement. La coopération avec la Russie voisine est très développée dans ce secteur. Les deux États coopèrent ainsi pour la construction de l'oléoduc Sibérie orientale - océan Pacifique qui fait parvenir le pétrole russe en Chine. Parmi les accords relatifs à cette question, on peut citer un prêt de 25 milliards de dollars consenti à des entreprises pétrolières publiques russes, contre l'engagement de livrer 300 000 barils de pétrole par jour pendant vingt-ans[37] Dans les autres partenaires, le Soudan représente un fournisseur assez important.

Autres ressources énergétiques

Bien que le charbon et le pétrole restent de loin les principales sources d'énergie dans le pays, la Chine s'efforce de développer d'autres sources d'énergie, en particulier pour la production d'électricité. Malgré la construction très médiatisée, et très controversée du barrage des Trois-Gorges, la part de l'énergie hydraulique dans la production électrique tend à baisser : 23 % en 1990, 19 % en 2000 et 15 % en 2007. Malgré un ambitieux plan de développement dans les années 2000, l'énergie nucléaire reste assez marginale : en 2007, elle ne produisait guère plus de 2 % de l'électricité consommée dans le pays.

Un secteur secondaire en pleine expansion

Industries lourdes

L'industrie lourde est très développée en Chine. En 2008, le pays a produit 500 millions de tonnes d'acier, soit 38 % du total mondial, et 1,4 milliard de tonnes de ciment, la moitié du total mondial.

Automobile

La production de véhicules motorisés a connu une forte croissance en Chine à partir des années 1980. Les investissements de groupes occidentaux et japonais, notamment par l'établissement de coentreprises, a eu un rôle très important. En 2008, la Chine a produit 9,5 millions de véhicules, ce qui la place au deuxième rang mondial après le Japon[40]. General Motors et Volkswagen, par l'intermédiaire de leurs coentreprises, arrivaient en tête avec respectivement 11 % et 10 % des ventes[41]. La Chine, sous-équipée, mais à la croissance économique forte et régulière, représente un marché considérable pour l'industrie automobile. En 2009, elle est devenue le premier marché automobile mondial, passant devant les États-Unis. En 2010, la Chine a vendu 18 millions d'automobiles.

Secteur des services

La tertiarisation progressive de l'économie

La part des services dans l'économie chinoise ne cesse d'augmenter.

Les technologies de l'information et de la communication

Forte de ses 450 millions d'Internautes [réf. nécessaire], en étant la nation possédant le plus d'internautes au monde et loin devant les Etats-Unis, la Chine cherche à tirer parti des technologies de l'information et de la communication pour vendre ses propres produits à bas coûts. Elle a adopté la spécification technique sur le commerce électronique (ebXML). Ces technologies Web permettent aux entreprises chinoises de proposer des catalogues électroniques en ligne, qui mettent en évidence les différences de prix par rapport aux produits occidentaux.

Le tourisme

Aujourd'hui, les Chinois disposent théoriquement de trois semaines de congés payés par an[42]. Le tourisme et la consommation ont fortement augmenté dans le pays : en 2003, on estime que plus de 100 millions de Chinois ont parcouru et visité leur pays[43].

Recherche et développement: Les innovations technologiques chinoises

Standards
  1. Le protocole de sécurité (Wapi) sur le Wi-Fi.
  2. EVD pour DVD.
  3. Dragon microprocesseur pour concurrencer ceux d'Intel, d'AMD et d'IBM.

Entreprises chinoises

Le siège de la PétroChina.

 

Dans ce nouveau système économique, les entreprises publiques ou danwei ont du mal à trouver leur place et rencontrent de plus en plus de difficultés. Leurs pertes ont atteint le chiffre record de 102,6 milliards de yuans (12,75 milliards de dollars américains) en 2005, soit une augmentation de 56,7 % en base annuelle, selon les chiffres du Bureau d'État des statistiques (BES). Sur les deux premiers mois de 2006, les pertes des entreprises publiques ou contrôlées par l'État atteignent déjà 26,2 milliards de yuans, soit 3,25 milliards de dollars américain. L'augmentation des coûts de production, un système de fixation des prix inefficace, la surcapacité et d'importantes lacunes d'ordre technologique sont les principales causes de cette situation, selon Jiang Yuan, statisticien au Bureau d'État des statistiques.

La présence des entreprises étrangères sur le sol chinois est en grande partie à l'origine de la forte accélération de la croissance des exportations. La mise en place du « socialisme de marché » a implanté de nombreuses usines en Chine, ce qui l'a fait appeler L'atelier du monde, à cause du dumping social de ses usines. Elles ont attiré la main-d'œuvre qualifiée dans les zones côtières où elles se sont implantées. Seulement 41 % des exportations chinoises proviennent d'entreprises intégralement chinoises. Aujourd'hui, 39 % des exportations en provenance de Chine sont réalisées par des entreprises dont le capital est à cent pour cent étranger et 20 % sont le fait de partenariat entre les sociétés étrangères et les sociétés chinoises[44]. La Chine continentale entretient son attractivité pour les entreprises avec une main-d'œuvre bon marché, non syndiquée et docile. Un ouvrier non qualifié en Chine coûte environ un dollar américain par heure, ce qui est bien en dessous des minima des pays industrialisés. La non-organisation des ouvriers chinois représente un bénéfice substantiel pour les employeurs, qui y trouvent une flexibilité d'emploi impossible à mettre en œuvre dans les démocraties libérales.

  • Ensemble, les deux géants chinois de la téléphonie mobile China Mobile et China Unicom comptent environ 550 millions de clients.

Le rôle de l'État

Hu Jintao, président chinois.

Toute une série de réformes ont accompagné le double mouvement de libéralisation interne et d’ouverture au marché mondial. Une première loi a autorisé les particuliers à détenir des sociétés à responsabilité limitée. En 2004, la constitution a été remaniée afin de renforcer le rôle du secteur non étatique et réaffirmer le droit de la propriété privée. L’interdiction faite aux entreprises privées d’intervenir dans certains secteurs (infrastructures, services publics, services financiers) vient d’être abolie en 2005. L’investissement direct étranger a été autorisé et encouragé par la mise en place de zones franches côtières et l’abaissement des droits de douane. Le monopole d’État sur le commerce extérieur a été démantelé, ainsi que le système de taux de change multiples.

Le secteur privé s’est donc étendu : il réalise aujourd’hui plus de la moitié du PIB et les trois quarts des exportations. C’est lui qui crée l’essentiel des nouveaux emplois et dégage la meilleure rentabilité (15 % en 2003 contre 5 à 10 % dans le secteur étatique). À l’intérieur de ce secteur privé, les entreprises étrangères - souvent associées en coentreprises à des entreprises chinoises - réalisent 75 % des exportations. Mais les exportations du secteur privé sous contrôle chinois progressent encore plus rapidement, à mesure que lui sont octroyées de nouvelles licences d’exportation. Le secteur d’État est parallèlement soumis à des restructurations permanentes, qui ont conduit à la suppression de 45 millions d’emplois au cours de la première moitié de la décennie. Mais 35 % des entreprises d’État sont encore jugées non rentables, et une sur six a des fonds propres négatifs.

La fiscalité est très décentralisée en Chine, et ce sont les provinces et les petites administrations qui gèrent une part importante des recettes des impôts, et s'occupent de l'éducation et de la santé. Il n'y que très peu de solidarité financière entre provinces[45].

Politique monétaire

La monnaie de la république populaire est le yuan (sinogramme : 元), plus officiellement appelé renminbi (monnaie du peuple), et abrégé par les institutions financières en CNY ou parfois RMB. La façon dont sa valeur est déterminée a varié au fil du temps. De 1995 à 2005, le taux de change était indexé sur le dollar. Depuis, il est fixé par rapport à un panier de monnaie comprenant, outre le dollar, l'euro, le yen et le won. Les détails du mécanisme sont assez mal connus du public, et ont fait l'objet de différentes études économétriques. Il semble que sur le court terme, les autorités monétaires évitent avant tout les modifications brusques dans la valeur du dollar. Sur le plus long terme, les taux de changes dépendent, de manière plus large, du cours des différentes grandes monnaies[46].

La Chine est souvent accusée de maintenir volontairement un taux de change bas pour faciliter ses exportations. Cette accusation est cependant démentie par le Trésor américain qui, dans son rapport semestriel du 19 décembre 2007, reconnait que Pékin ne manipule pas sa monnaie pour en tirer des bénéfices commerciaux, même s'il considère toujours que le yuan est sous-évalué par rapport au dollar[50].

Système financier

Les banques

Le taux d'épargne brute chinois est particulièrement élevé, même par rapport aux autres pays d'Asie : il s'élevait à 54 % du revenu national brut en 2008, contre 39 % en Inde[51]. Cette forte épargne entraine des dépots bancaires importants. En 2006, elle s'élevait à 1400 milliards de dollars environ et servent essentiellement à financer des prêts aux entreprises publiques[52]

Pendant les trente premières années de la République populaire, le système bancaire était dominé par la banque populaire de Chine qui servait à la fois de banque centrale et de banque commerciale. Entre 1979 et 1984, le système a été réorganisé : la banque populaire est devenue une pure banque centrale alors que quatre grandes institutions financières spécialisées ont été créées ou considérablement développées pour intervenir dans certains grands domaines économiques. Ces quatre banques, comme beaucoup d'autres entreprises chinoises, sont généralement désignées hors de Chine sous leurs noms anglais : Bank of China[C 1], China Construction Bank[C 2], Industrial and Commercial Bank of China[C 3] et Agricultural Bank of China[C 4]. Elles ont toutes quatre été introduites en bourse, mais l'État détient la majorité des actions. À côté de ces quatre grandes banques, qui dominent toujours le marché, une multitude d'institutions plus petites, banques ou coopératives, ont été créées, notamment depuis la fin des années 1990[52].

Les marchés financiers

Il existe trois grandes bourses en Chine continentale : celle de Hong Kong, créée par les Britanniques au XIXe siècle, celle de Shanghai, recréée en 1990, et celle de Shenzhen, créée la même année. Souvent, les grandes entreprises sont côtées en même temps à Hong Kong et à Shanghai : pour des raisons historiques et juridiques, la première attire davantage les investisseurs étrangers et la seconde les Chinois.

Les fortes capitalisations boursières sont des entreprises contrôlées par l'État dans lesquelles ont été effectuées des ouvertures de capital. En mars 2009, sept d'entre elles figuraient parmi les vingt premières du monde. Il s'agit des les banques ICBC, CCB et BoC évoquées précédemment, de l'opérateur téléphonique China Mobile ainsi des groupes pétroliers Petrochina et Sinopec.

La Chine dans le PIB mondial
Pays% PIB mondial
200520062007
Drapeau d'Europe Union europeenne !Union européenne 30,30 29,89 30,82
Drapeau des États-Unis États-Unis 28,06 27,16 25,41
Drapeau du Japon Japon 10,15 9,01 8,05
Drapeau de Chine Chine 5,02 5,46 6,04
source: banque mondiale

La Chine dans l'économie mondiale

La forte croissance économique et l'essor commercial donnent à la République populaire une place croissante dans le système économique mondial et renforcent considérablement sont poids politique. Si en valeur nominale, le PIB de la Chine est loin derrière celui de l'Union européenne ou des États-Unis, le pays n'en est pas moins un partenaire important dans les échanges économiques mondiaux. Ses forts besoins en matières premières et ses productions massives de produits manufacturés bons marchés redessinent certains circuits commerciaux. Sa puissance financière modifie les équilibres macro-économiques.

La Chine comme puissance commerciale

Relativement autarcique dans les années 1970, la Chine a, depuis les 1980, mené une politique de développement des exportations. En 2008, les exportations chinoises s'élevaient à 1430 milliards de dollars et les importations à 1130 milliards. Relativement au produit intérieur brut, le commerce international joue un rôle bien plus important en Chine que dans les autres grands pays du monde[N 2].

En moyenne, la volume des exportations a augmenté de 14 % entre 1990 et 1999, et de 20,5 % entre 2000 et 2008. Les importations ont progressé un peu moins vite : 13 % par an pendant la décennie 1990, et 16 % entre 2000 et 2008. La Chine réalise environ 9 % des exportations et 7 % des importations mondiales en 2008, contre 1,2 et 1,1 % en 1983.

La place de la Chine dans le commerce mondial varie selon les secteurs. Elle est plus grande pour les produits manufacturée, où le pays réalise 13 % des exportations mondiales que pour les produits agricoles ou miniers. Au sein de l'industrie, il y a de grandes inégalités selon les produits. Ainsi, le pays effectue 33 % des exportations mondiales de vêtement, mais seulement 3 % de celles de denrées agroalimentaires et 2 % de celles de produits automobiles. Un fait remarquable dans les années 2000 est la progression d'exportation à relativement forte teneur technologique. Ainsi, en 2008, la Chine a réalisé plus du quart des exportations en équipement de télécommunication mondiales.

Les partenaires commerciaux dépendent nécessairement du type de produit. Pour les importations, la part de l'Asie dépasse les 50 %. Pour les exportations, l'Amérique du Nord et l'Europe tiennent une grande place[54].

 

Place de la Chine dans le commerce interrégional de marchandises

Régionexportations 2000exportations 2008importations 2000importations 2008
milliards
de dollars
part
dans les exportations
chinoises
part
dans les importations
de la région
milliards
de dollars
part
dans les exportations
chinoises
part
dans les importations
de la région
milliards
de dollars
part
dans les importations
chinoises
part
dans les exportations
de la région
milliards
de dollars
part
dans les importations
chinoises
part
dans les exportations
de la région
Amérique du Nord 74 21 % 8 % 350 24 % 21 % 27 12 % 6 % 98 9 % 10 %
Amérique centrale et du Sud 6 2 % 3 % 57 4 % 13 % 5 2 % 2 % 68 6 % 13 %
Europe (hors CEI) 54 22 % na 372 26 % 18% 37 16 % 3 % 145 13 % 7 %
CEI 3 1 % 6 % 65 5 % 17 % 7 3 % 6 % 34 3 % 5 %
Afrique 4 2 % 4 % 50 3 % 12 % 6 3 % 4 % 56 5 % 7 %
Moyen-Orient 5 2 % 4 % 58 4 % 9 % 10 4 % 4 % 80 7 % 9 %
Asie (RPC exclue, Hong Kong et Taiwan inclus) 104 42 % 19 %<> 476 33 % 21 % 137 61 % 47 % 652 58 % 45 %
Total 250 100 % 8 % 1430 100 % 15 % 225 100 % 7 % 1133 100 % 12 %
Source : Organisation mondiale du commerce, rapports Statistiques du commerce international 2001 et 2009.
Le commerce entre pays d'une même région n'est pas compté. La RPC est traitée comme une région distincte, mais Macao et Hong Kong sont rattachés sont comptés dans la région Asie. Les valeurs données sont en dollars américains courants. Dans sa base de données en ligne, l'OMC donne 25 et 123 milliards de dollars pours les exportations de l'Europe vers la RPC en 2000 zt 2008.

 

La Chine est devenue au 1er janvier 2010 la troisième nation maritime du monde avec 3633 navires pour 104,452 millions de tonnes de port en lourd. Une part importante de ce tonnage (60,72 %) est immatriculée à l'étranger. A ces nombres, il faut rajouter la flotte de Hong Kong (8ème mondiale), qui s'élève à 34,41 millions de tonnes de port en lourd réparties sur 680 unités. Le trafic portuaire de la Chine est également très important: avec des ports comme Shanghai, Shenzhen ou Guangzhou qui comptent parmi les plus importants du globe, son trafic conteneurs total s'élevait au 1er janvier 2009 à 115 934 578 TEUs, ce qui place le pays en première position pour cette spécialité.

Rôle de la Chine en Asie orientale

La Chine effectue environ la moitié de ses échanges avec l'Asie (CEI et Moyen-Orient non compris). C'est en Asie du Sud-Est que la Chine est la plus active. Elle y a remplacé le Japon comme première puissance commerciale et a en partie à réorganisé autour d'elle les circuits commerciaux. Les échanges sont de nature divers, mais on note forte division internationale du travail. Certains produits passant par de nombreux pays au cours de leur fabrication. Ainsi, en 2003, 60 % des importations chinoises en provenance de Hong Kong, de Taïwan et de la Corée du Sud étaient en fait destinées à être réexportées. Il s'agit, par exemple, de produits électroniques dont les composants à forte teneur technologique sont réalisés à Taïwan et l'assemblage en Chine. Dans certains cas toutefois, la Chine se trouve en situation de rivalité commerciale avec d'autres pays de la région. En raison de son importance numérique et de son faible coût, la main d'œuvre chinoise peut entrer en concurrence avec celle des pays les moins avancés de la région, tels que le Viet Nam ou l'Indonésie, dont l'avantage comparatif en termes de production manufacturière réside dans des produits simples et faisant appel à des travailleurs faiblement rémunérés[56],[57]. Néanmoins, la Chine renforce sa coopération économique avec l'Asie du Sud-Est. La constitution d'une zone de libre échange avec l'ASEAN représente une étape importante. Celle-ci, décidée en 2002[58], est effective depuis janvier 2010 avec la plupart des pays. Elle doit être étendue en 2015 aux pays les moins avancés de l'association : Vietnam, Cambodge, Laos, Birmanie[58].

Les investissements chinois à l'étranger

La Chine a développé une puissance financière considérable dans les années 2000. Celle-ci est due notamment à ses réserves de change, les plus élevées au monde, qui, début 2010, atteignent les 2400 milliards de dollars. La majeure partie des réserves chinoises sont placées en bons du Trésor américains. Il s'agit là d'investissements peu risqués, ce qui entraine des rendements moyens limités. Afin de diversifier ses avoirs, la République populaire a annoncé en 2007 la création d'un fonds souverain, la Chinese Investment Corporation [C 5]. Sa dotation initiale en capital s'élevait à 200 milliards de dollars, qu'elle a notamment utilisés pour effectuer des placements en actions en Chine ou à l'étranger. Elle a par exemple acquis 10 % de la banque américaine Morgan Stanley.

Les investissements chinois à l'étranger ne se limitent pas à ces investissements de portefeuille : les entreprises chinoises, publiques ou privées, réalisent également des investissements directs, qui suscitent parfois un émoi dans les pays où ils sont effectués. À cet égard l'événement le plus commenté a sans doute été la proposition, faite en 2005 par le groupe pétrolier public CNOOC de racheter l'américain Unocal. L'offre a été refusée par Unocal, après de vives réactions médiatiques et politiques aux États-Unis.

Dans les pays en développement, d'abord en Amérique latine, puis en Afrique, la présence chinoise s'est considérablement accentuée dans les années 2000, et vise notamment à s'assurer l'accès aux ressources pétrolières ou minières. Des analystes estiment que la frontière entre investissement et aide publique au développement est ténue pour la Chine. En effet, Pékin a signé avec différents pays des accords qui consistent à la fois en prêts et en accords économiques impliquant des entreprises publiques chinoises. Ces accords portent surtout sur l'exploitation des ressources naturelles ou la construction d'infrastructures. En Afrique, ils ont connu un développement soudain à partir de 2005-2006. Selon les données officielles, l'aide chinoise s'élevait à 27 milliards de dollars en 2007, l'Afrique ayant remplacé l'Amérique latine comme premier bénéficiaire.

Entre 2001 et 2011, la croissance annuelle moyenne du commerce sino-africain a atteint 28 %.

 

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