La Balance des Paiements (théorie)

L’évolution de la balance des paiements est toujours d’actualité parce qu’il s’agit d’une mesure de la performance commerciale du Canada sur le plan international, qui a des répercussions sur les marchés des changes. Jusqu’à un certain point, la balance des paiements influe sur la façon dont l’économie du pays est perçue sur la scène internationale.



L’économie canadienne est très ouverte, tant en ce qui concerne la part de production qui est échangée avec d’autres pays que le volume des capitaux qui traversent la frontière dans un sens ou dans l’autre. Étant donné que le pays a une population relativement faible et que les capitaux qui y sont disponibles sont limités, il lui est nécessaire de faire appel à l’étranger (en particulier aux États-Unis) pour répondre à une partie de ses besoins à cet égard.

La balance des paiements prend donc une importance particulière, car elle constitue un compte rendu de toutes les opérations commerciales entre le Canada et le reste du monde pendant une année donnée. Elle nous indique également si le pays possède assez de devises pour faire face à tous ses engagements envers l’étranger.

CONTEXTE ET ANALYSE

 


Composition de la balance des paiements

Les principaux éléments de la balance des paiements internationaux sont :

le compte courant
le compte de capital
le compte financier
la divergence statistique.

Le compte courant enregistre toutes les rentrées et tous les paiements découlant des opérations sur des biens et des services avec des étrangers. Ces opérations se divisent en trois catégories distinctes : les biens et services, les revenus de placement ainsi que les transferts courants. Les biens et services incluent, en plus des différents biens, les voyages, les transports, les services commerciaux et les services gouvernementaux. Les revenus de placement comprennent les intérêts ainsi que les bénéfices et dividendes des investissements directs, des investissements de portefeuille et des autres investissements. Les transferts courants incluent les versements à des particuliers et des institutions tels des pensions, les retenues fiscales et les contributions officielles telles l’aide du Canada aux autres pays.

Plusieurs facteurs ont des effets sur l’état du compte. C’est ainsi qu’il affichera un excédent, ou que le déficit s’amenuisera, s’il y a un accroissement de la compétitivité (mesurée par la productivité et les prix relatifs, compte tenu du taux de change), ou si la croissance de l’économie est moins vigoureuse que dans les autres pays (ce qui amènerait un ralentissement de la croissance des importations). Inversement, un déclin économique dans les pays étrangers aura un effet négatif sur le solde du compte courant du Canada, puisque le marché des biens et des services canadiens se rétrécira.

Le compte de capital comprend les transferts de capital (par exemple les actifs des migrants, les prestations de retraite de la fonction publique, les remises de dette et les successions) ainsi que les actifs intangibles (les droits de propriété intellectuelle tels les brevets).

Le compte financier enregistre les opérations financières du Canada avec l’étranger, y compris les mouvements de capitaux à court terme (un an et moins) et à long terme. Les mouvements de capitaux sont essentiellement de deux types : les investissements directs, concernant la propriété ou le contrôle d’une entreprise, et les investissements de portefeuille, c’est-à-dire les achats d’actions d’entreprises et d’obligations tant publiques que privées. Si un résident étranger achète une compagnie canadienne ou s’il prête de l’argent à un gouvernement, il y a une entrée de capital avec un signe positif dans la comptabilité de la balance des paiements. Inversement, les achats d’actifs étrangers par des résidents du Canada sont enregistrés comme des débits, avec un signe négatif.

Des taux d’intérêt élevés au Canada attirent les capitaux étrangers et poussent les différents ordres de gouvernement à emprunter à l’étranger. Les mouvements de capitaux à court terme sont plus sensibles aux taux d’intérêt à court terme et aux taux de change, car ils sont plus spéculatifs.

La divergence statistique (ou les erreurs et omissions) représente la différence entre le solde du compte courant et celui des comptes capital et financier. Un déficit du compte courant qui est inférieur à un excédent des comptes capital et financier se traduit en partie par un accroissement des réserves officielles de monnaie (dont les variations sont enregistrées dans le compte financier). Si, toutefois, l’entrée nette de capitaux est inférieure au déficit du compte courant, il faut puiser dans les réserves officielles. Dans la mesure où les variations de ces dernières ne correspondent pas exactement à la différence entre le solde du compte courant et celui des comptes capital et financier, il faut ajouter une provision pour les erreurs et les omissions. De tels écarts sont souvent attribuables à des mouvements de capitaux à court terme qui n’ont pas été comptabilisés par le système financer international. Les expéditions illégales constituent une autre source d’erreur, car il est bien entendu difficile de les comptabiliser. Le monde dans son ensemble enregistre une balance de paiements déficitaire, ce qui est mathématiquement et théoriquement impossible. Cela peut toutefois s’expliquer par des battements dans la comptabilisation des biens en transit et par la possibilité que certains pays comptabilisent des paiements illégaux d’autres pays comme des rentrées de fonds.

À moyen terme, le solde du compte courant et celui des comptes capital et financier doivent être de valeur à peu près égale si l’on veut éviter un déséquilibre structurel. Un « déficit » de la balance des paiements suscite un afflux de dollars canadiens sur le marché international, ce qui exerce une pression à la baisse sur la devise. Puisque les réserves officielles permettant le rachat de ces fonds ne sont pas illimitées, on augmente habituellement les taux d’intérêt pour attirer des capitaux étrangers et protéger ainsi la valeur du dollar. Des taux d’intérêt élevés ralentissent la croissance économique, ce qui réduit les importations et permet de rétablir l’équilibre de la balance des paiements. Les coûts liés à des taux d’intérêt excessifs s’accumulent avec le temps, ce qui se traduit par un rythme de croissance moins élevé que celui d’autres pays industrialisés. De même, des taux d’intérêt trop bas par rapport à ceux d’autres pays industrialisés privent le marché de capitaux étrangers difficiles à obtenir et retardent la croissance économique.

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