Lexique d'Economie de A à Z


 

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W Z

A

Accélérateur : relation qui établit que l’investissement est une fonction croissante de la consommation.

Actif : ensemble des biens matériels et immatériels détenus par un agent économique.

Exemple : un bien d’équipement ou les actions d’une autre entreprise.

Action : titre représentant une partie du capital d’une entreprise. Elle confère à son détenteur un droit de propriété sur une partie du capital et un droit de vote dans la gestion de l’entreprise.

Activité économique : ensemble des actes que doivent accomplir les hommes pour satisfaire leurs besoins à partir de la production et de l'échange de biens et services.

Actualisation : méthode qui consiste à exprimer la valeur d'une somme monétaire future en un équivalent actuel. Si je possède dix francs aujourd'hui, pour que j'accepte de l'échanger contre une somme dans un an, il faudra que l'on me propose plus que dix francs en échange. En effet, l'impatience, l'inflation, le coût d'opportunité de l'utilisation de cette somme pendant un an etc. me pousse à demander plus que la somme initiale (dix francs).

Agent économique : désigne les personnes physiques ou morales qui participent à l'activité économique.

Agent représentatif : en théorie économique, représente l'hypothèse selon laquelle l'économie serait formée d'agents identiques par leurs préférences ou leur fonctions de production. Il est suffisant alors de ne s'intéresser qu'au comportement d'un seul de ces agents pour comprendre le fonctionnement de l'économie dans son ensemble.

Agrégats monétaires : ensemble des moyens de paiement dans une nation. On distingue plusieurs agrégats en fonction du degré de liquidité de leurs composants. Les agrégats retenus sont :
M1 = Billets et monnaie divisonnaire (pièces) + dépôts à vue.
M2 = M1 + placements à vue (comptes sur livret + comptes d'épargne logement, CODEVI).
M3 = M2 + placements à forte liquidité (comptes à terme, certificats de dépôts, bons des institutions financières, titre d’OPCVM court terme) et dépôts et titres de créances en devises.
M4 = M3 + billets de trésorerie et bons du Trésor.

Amortissement : en économie, mesure la perte de valeur subie par un stock de capital. Cette perte provient soit de son usure physique, soit de son obsolecsence.

Anticipation : hypothèse subjective concernant l'évolution future d'une variable donnée permettant de fonder des prévisions en vue d'une action future.

Anticipations adaptatives : anticipations formées à partir des valeurs passées de la variables en corrigeant cette valeur en fonction des erreurs passées. Mathématiquement : xat = xat-1+l(xt-1 - xat-1). xat est la valeur de x anticipée en t-1 pour t. 0 < l< 1. Ce type d’anticipations est de moins en moins utilisé en économie.

Anticipations rationnelles : anticipations formées à partir de toute l’information dont dispose les agents sur les facteurs influençant la variable. L’information comprend les valeurs passées de la variable (comme dans les autres types d’anticipations) mais également les évènements présents ou à venir susceptibles d’affecter la variable dans le futur. Exemple : on apprend que la Banque Centrale veut augmenter la masse monétaire, les agents peuvent alors en déduire une inflation plus importante que prévu. Mathématiquement : xat = E ( xt / It - 1). xat est la valeur de x anticipée en t-1 pour t. E ( xt / I t - 1) est l’espérance mathématique de x en t connaissant l’information I t - 1. Les anticipations rationnelles sont désormais les plus couramment utilisées en économie. Mais le sens qu'on peut leur attribuer n'est pas dénué d'ambiguïtés

Anticipations statiques : anticipations qui se forment en considérant que la valeur future de la variable sera la même que sa valeur actuelle. Autrement dit, " demain sera le même qu’aujourd’hui ". Ou encore, si x est la variable anticipée : xat+1 = xt , pour tout t. xat+1 est la valeur de x anticipée en t pour t+1. Ce type d’anticipations n’est quasiment plus utilisé en économie.

Appréciation : en régime de changes flexibles, désigne la hausse du cours d’une monnaie.

Armée de réserve : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Asymétrie d’information : situation dans laquelle les participants à un marché ne possèdent pas tous la même information sur les produits, les risques, les préférences des autres agents etc., certains étant mieux informés que d’autres.

Austérité : politique économique consistant à comprimer la demande en vue de ralentir la hausse des prix. Synonyme de rigueur.

Autarcie : caractérise une économie sans échange, où chacun est auto-suffisant. Peut s’appliquer à un pays qui n’entretient pas de relations commerciales avec les autres pays. Exemple : Robinson sur son île, la quasi-autarcie de l’Allemagne hitlérienne. En réalité, l’autarcie véritable n’a jamais existé.

Autofinancement : Financement (des investissements) fait à partir des ressources propres de l’entreprise, c’est à dire sans faire appel au à l'emprunt (bancaire ou obligataire) ou à la bourse (augmentation de capital).


B

Balance commerciale : compte récapitulant les importations et les exportations de biens d’un pays.

Balance des capitaux : compte récapitulant les entrées et sorties de capitaux d’un pays.

Balance des invisibles : compte récapitulant les exportations et importations de services et de revenus d’un pays.

Balance des paiements : compte retraçant l’ensemble des échanges d’un pays.

Balance des transactions courantes : compte récapitulant les opérations de la balance commerciale et de la balance des invisibles.

Banking school : ou principe de banque. Théorie selon laquelle la monnaie doit être émise par la Banque Centrale librement pour servir les besoins des agents en monnaie, sans qu’il existe une couverture stricte des billets émis, par une quantité d’or détenue par la Banque Centrale. Thomas Tooke était le chef de file de cette école du XIXème siècle. Il était opposé à la currency school de Ricardo. Dans cette logique, la monnaie est endogène. C'est une vision plutôt keynésienne de la création de monnaie. Voir diviseur de crédit.

Banque : organisme financier qui concentre les moyens de paiement, assure la distribution du crédit, le change, les opérations de tenue des marchés et l’émission de billets de banque. En général, cette dernière fonction est assurée par une seule banque dans le pays : la Banque Centrale.

Banque centrale : banque dont les fonctions sont l’émission de la monnaie fiduciaire et l’execution de la politique monétaire. Elle est la banque des banques. Elle organise les règlements par compensation entre les banques (dites " de second rang "). Elle organise la surveillance et la sécurité du système financier national. Elle coopère avec les Banques Centrales étrangères dans l’organisation du système monétaire et financier international.

Base monétaire : monnaie centrale. Elle comprend les billets et pièces ainsi que les réserves des banques de second rang auprès de la Banque Centrale. Voir aussi multiplicateur de la base monétaire et diviseur de la base monétaire.

Besoin : sentiment de privation qui porte à désirer un bien ou un service. La satisfaction des besoins est le but de l’activité économique. Ce but n’est jamais complètement atteint. On suppose en économie que les besoins des hommes sont infinis et les ressources pour les satisfaire insuffisantes.

Bien collectif : ou bien public. Un bien est un bien public si :
- il est non-exclusif. On ne peut en empêcher sa consommation en faisant banque dbanpayer un prix à celui qui le consomme (exemple : l’éclairage public).
- il est non-rival. Le fait que plusieurs individus le consomment en même temps ne retire pas d’utilité à l’un d’entre eux (exemple : un feu d’artifice).
Il existe également des biens dits mixtes, qui respectent une seule de ces deux conditions

Bien économique : Tout moyen capable de satisfaire un besoin. Il existe une infinité de biens économiques différents. En effet, un bien se caractérise non seulement par ses caractéristiques physiques, mais également par sa localisation et sa date de disponibilité. Exemple : une glace au chocolat n’est pas le même bien si vous en disposez au pôle Nord ou en Afrique.

Bien-être : mesure la satisfaction d’un individu ou d’une collectivité. En économie, est souvent utilisé en référence à la théorie du bien-être qui étudie les conditions dans lesquelles l’Etat devrait intervenir pour corriger les défaillances du marché qui écartent une économie de marché de l’optimum de Pareto. Les auteurs de référence sont A.C. Pigou et P.A. Samuelson.

Biens complémentaires et biens substituables : deux biens sont complémentaires si leur utilisation conjointe permet de satisfaire un besoin. Exemple : un stylo et du papier. Deux biens sont substituables s’ils satisfont le même besoin ou des besoins proches. Exemple : l’automobile et le train.

Bulle spéculative : écart entre le cours d’un titre et sa valeur fondamentale. La bulle est la conséquence d’anticipations à la hausse du cours des titres. Les agents anticipant la hausse du cours des titres, demandent des titres. Leur prix augmente. Le phénomène est autoentretenu. A un certain moment, un nombre croissant d’agents inversent le sens de leurs anticipations. Les cours chutent alors plus ou moins vite. On dit que la bulle " éclate ".

Bureaucratie : système d’affectation des ressources selon des procédures non marchandes de type réglementaire.


C

Capital : Très complexe à définir. Revêt de nombreux sens. En première approche, il s'agit de tout actif susceptible de procurer un revenu. Dans une optique productive, il s'agit d'un des facteurs de production (aux côtés du travail), un bien utilisé dans la production d'autres biens. Par extension, on parle du capital pour désigner l'ensemble des biens de ce type. Cette approche a mené à une querelle entre les auteurs néoclassiques (Solow, Samuelson) et les auteurs postkeynésiens (Robinson) dans le cadre des recherches sur la croissance. Chez Marx, c'est le caractère structurant du capital qui importe, le fait qu'il crée une division en classes de la société entre ceux qui détiennent les moyens de production et ceux qui n'ont que leur travail pour vivre (les prolétaires).

Capital constant, capital variable (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Capital humain : aptitude des individus à s'insérer dans un processus productif. Il comprend pour l’essentiel l’éducation et la santé.

Capitalisme : système économique utilisant le capital comme facteur de production et basé sur son accumulation. Il suppose en général la propriété privée du capital.

Capitaux flottants : désigne au niveau international les capitaux qui s’investissent d’une place financière à l’autre en fonction des évènements conjoncturels.

Carré magique : Voir politique conjoncturelle

Changes fixes : système de change dans lequel les taux de change sont fixés à la suite d’accords internationaux et dans lequel les Banques Centrales assurent la stabilité des taux de change de leurs monnaies par leurs interventions sur les marchés des changes. Exemple : l’offre de francs est supérieure à celle de dollars. Le cours du franc contre le dollar devrait diminuer. Pour éviter cela, la Banque de France va acheter des francs en les vendant contre des dollars, rétablissant l’équilibre entre offre et demande de francs contre dollars.

Changes flexibles (ou flottants) : système de change où le cours des monnaies évolue selon les offres et demandes sur le marché des changes, sans que les Banques Centrales interviennent. En réalité, un tel système pur de changes flottants n’existe pas. Les Banques Centrales interviennent toujours pour éviter des fluctuations trop brutales des parités monétaires. On parle de " flottement impur ".

Chocs d’offre, chocs de demande : désigne une hausse ou baisse inattendue de la production (par l’intermédiaire d’une hausse de la productivité) ou de la demande. Exemple : les chocs pétroliers ont constitué des chocs d’offre négatifs en augmentant les coûts de production, diminuant la productivité et la production.

Chômage : état d’un travailleur sans emploi, à la recherche effective d’un emploi et disponible pour occuper un emploi.

Chômage classique : chômage du à l’insuffisante rentabilité de l’activité économique. Dans une configuration de chômage classique, on peut avoir une demande de biens excédentaire mais qui, du fait de coût trop élevés, n’incite pas pour autant à produire et employer plus de main d’oeuvre.

Chômage conjoncturel : chômage du à un ralentissement temporaire de l’activité économique.

Chômage frictionnel ou naturel : taux de chômage jugé incompressible. Il est du aux difficultés qu’il existe pour qu’à tout moment tous les offreurs de travail trouvent un emploi et tous les demandeurs de travail trouvent des travailleurs correspondant aux emplois proposés. Il est donc du à des imperfections de l’information sur le marché du travail. On emploi le terme naturel en référence à la théorie du taux de chômage naturel de Milton Friedman, qui a formalisé la notion de chômage frictionnel.

Chômage keynésien : chômage du à une insuffisance de la demande effective.

Chômage structurel : chômage lié aux structures de l’économie ou au fonctionnement du marché du travail. Il ne peut être résorbé qu’en modifiant ces structures. Exemple : le chômage du à l’insuffisance de qualifications de la main d’oeuvre dans un contexte ou de nouveaux métiers apparaissent et d’anciens disparaissent.

Chômage technologique : chômage lié au changement technologique, par substitution du capital au travail.

Clause de la nation la plus favorisée : en commerce international, désigne un principe de non discrimination entre les pays impliqués dans le commerce international. Selon ce principe, lorsqu’un pays commerce avec un autre, il doit le faire dans les conditions réglementaires qui sont appliquées avec le partenaire le plus favorisé. Exemple : si la France applique un tarif douanier de 5% aux importations de voitures allemandes, elle ne peut appliquer un tarif supérieur pour les véhicules nippons.

Cliquet (effet de) : existence d’une non-réversibilité dans la variation d’une variable économique que l’on a l’habitude de voir orientée à la hausse. Exemple : quand le revenu d’un ménage diminue, les habitudes de consommation mettent du temps à changer.

Cobb-Douglas (fonction de production) : fonction de production couramment utilisée en analyse économique. Elle est de la forme : Y = F(L,K) = A.KaLb Où Y désigne la production, L désigne la quantité de travail utilisé pour produire et K la quantité de capital et A un paramètre d'échelle. a et b sont positifs et peuvent être tels que a + b = 1 (rendements constants), a + b > 1 (rendements croissants) ou a + b < 1 (rendements décroissants).

Coefficient de capital : rapport entre la valeur du capital utilisé dans la production et la valeur de la production. v = K / Y

Commissaire-priseur : représentation utilisé par Walras dans sa théorie de l’équilibre général afin d’illustrer le mécanisme d’équilibration par tatônnement de l’offre et de la demande sur les différents marchés. Le commissaire-priseur se charge d'annoncer des prix, de le smodifier tant que l'offre n'est pas égale à la demande, de communiquer les prix d'équilibre et d'organiser la distribution des biens échangés à ces prix. Paradoxalement, la main invisible, symbole du marché décentralisé est incarnée par un individu unique qui centralise les transactions, sans être rémunéré qui plus est.

Composition organique du capital : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Concurrence imparfaite : se définit par opposition à la concurrence parfaite. Un marché se caractérise par une structure de concurrence imparfaite si l’un des principes de la concurrence pure et parfaite est violé de manière significative. Cela aboutit à des structures de type monopolistique, oligopolistique, de concurrence monopolistique etc.

Concurrence parfaite : structure de marché de référence en économie qui se caractérise par les quatre conditions suivantes :
- l’atomicité : un grand nombre d’offreurs et de demandeurs se rencontrent sur ce marché, de sorte qu’aucun agent ne peut avoir d’influence, par son seul comportement, sur les prix du marché ;
- l’homogénéité : tous les biens offerts sont strictement identiques ;
- l’information parfaite : chaque participant au marché peut connaître toutes les informations susceptibles de lui être utiles pour opérer les échanges les plus avantageux possibles ;
- la libre entrée et libre sortie : chacun peut à tout moment choisir de participer ou non au marché.

Lorsque ces conditions sont respectées, l’économie de marché est censée conduire à une allocation optimale des ressources (d’après la théorie néoclassique).
Cette formulation est critiquée par certains auteurs, comme Bernard Guerrien, qui considèrent (à juste titre semble-t-il d'ailleurs) que les seules hypothèses de la concurrence parfaite énoncées par les théoriciens de l'équilibre général sont :
- Il existe pour chaque bien un prix affiché et connu de tous. Hypothèse institutionnelle.
- Les agents ne pensent pas avoir une influence sur les prix affichés et croient pouvoir acheter et vendre à ces prix. Hypothèse sur les caractéristiques des agents.
- Aux prix affichés, les agents formulent leurs offres et demandes auprès du commissaire-priseur qui les regroupe et les confronte. Il n'y a pas d’échange direct. Hypothèse institutionnelle.
- Tous les biens présents et futurs ont un prix affiché. Il existe un système complet de marchés.

Certaines peuvent être compatibles avec la première formulation (atomicité et hypothèse d'agents preneurs de prix sont assez proches). D'autres sont plus problématiques. Ainsi, la libre entrée est en contradiction avec le modèle Arrow-Debreu, qui suppose, pour qu'existe un équilibre général, que le nombre d'entreprises est fixé et que les conditions de la concurrence parfaite sont respectées.

Conjoncture : éléments constitutifs de la situation économique d’un secteur, d’une branche, d’une région ou d’un pays à un moment donné.

Consommation : emploi d’un bien ou d’un service en vue soit de sa transformation dans la production (consommation intermédiaire) soit de la satisfaction d’un besoin (consommation finale) impliquant la destruction immédiate ou progressive de ce bien.

Contrat à terme : Contrat précisant les conditions d'un échange qui aura lieu ultérieurement aux conditions précisées aujourd'hui. Exemple : vente de 500 dollars contre 495 euros dans 3 mois.

Courbe de Laffer : courbe inventée par l’économiste américain Arthur Laffer (1974), montrant un relation d’abord croissante puis décroissante entre le taux d’imposition et les recettes fiscales d’un Etat. La conséquence de la forme en cloche de cette courbe est qu’il existe un taux d’imposition optimal à ne pas dépasser, au delà duquel les agents sont découragés à fournir un effort supplémentaire et recherche plus systématiquement l'évasion fiscale. D'où une baisse des recettes fiscales. D’où également la formule : " Trop d’impôts tuent l’impôt ".

Courbe de Phillips : relation économétrique mise en évidence par l’économiste Phillips, qui présente une relation décroissante entre le taux d’augmentation des salaires et le taux de chômage. On en a déduit une relation décroissante entre le taux d’inflation et le taux de chômage. Cette courbe met donc en avant la possibilité pour la politique économique de jouer sur une substitution entre le chômage et l’inflation.


Courbe d’indifférence : en microéconomie, ensemble des paniers de biens qui apportent la même utilité. Par exemple, en deux dimensions, lorsqu’un consommateur peut consommer deux biens différents 1 et 2, une courbe d’indifférence est l’ensemble des couples de consommation (x1,x2) tels qu’ils apportent un même niveau d’utilité (satisfaction).

Courbe en J : exprime l’évolution du solde de la balance commerciale après la dévaluation d’une monnaie nationale. Dans un premier temps, la balance commerciale se dégrade car les flux du commerce extérieur n’ont pas eu le temps de se modifier : les importations restent au même niveau alors que leur prix s’élève. Après un certain délai (environ six mois), le solde s’améliore car les exportations augmentent en volume et les importations baissent en volume.

Coût d’opportunité : gain qu’entraînerait un emploi différent d’une ressource économique. Exemple : l’investissement en éducation entraîne un coût d’opportunité courant qui peut s’évaluer par le salaire que toucherait l’individu en travaillant immédiatement.

Coût d’usage du capital : exprime les coûts engendrés par l’utilisation du capital. Il comprend principalement le taux d’intérêt et le coût de la dépréciation du capital.

Coût marginal : coût de la production d’une unité supplémentaire.

Coût moyen : coût de production total divisé par le nombre d’unités produites. Il représente le coût unitaire.

Crise économique : retournement brutal de la conjoncture se traduisant par un excès d’offre immédiatement suivie par une contraction de l’activité économique.

Croissance : augmentation sur une longue période du produit national par tête.

Croissance endogène : théorie de la croissance expliquant la croissance des économies selon des facteurs endogènes à son évolution. Dans la croissance endogène, le progrès technique est le facteur clé de la croissance. Mais contrairement aux théories de la croissance exogène (voir Solow), le progrès technique ne tombe pas du ciel en dehors de la sphère économique, il est le résultat de l'activité de recherche d'utilité ou de profits des agents. Il peut se matérialiser dans les hommes qui accumulent du capital humain, dans les investissements en recherche et développement, dans les infrastructures publiques, dans la diffusion (mais alors involontaire) des connaissances par le commerce international etc. Le rôle des externalités dans ces modèles est majeur.

Croissance potentielle : taux de croissance maximal que peut atteindre une économie à un moment donné, compte tenu des possibilités de variation de ses capacités de production.

Currency school : théorie selon laquelle pour éviter l’inflation, chaque billet émis devrait avoir comme contrepartie sa valeur en or détenue par la Banque Centrale. Cette théorie, défendue par David Ricardo était en concurrence au XIXème siècle avec la Banking school de Thomas Tooke. Ses héritiers naturels sont les monétaristes et, de façon plus générale, ceux qui considèrent que l'offre de monnaie est exogène. Voir multiplicateur de crédit et Banking School.

Cycle : fluctuations régulières de fréquences périodiques et d’amplitude relativement fixe de l’activité économique.
Le cycle comprend quatre phases :
- l’expansion ;
- la crise ;
- la contraction ;
la reprise.



Cycle de vie (hypothèse du) : relatif à la théorie du cycle de vie de Franco Modigliani. Pour Modigliani, l’individu choisit sa consommation en fonction de l’évolution prévue de sa richesse tout au long de sa vie (son cycle de vie). Voir la question-réponse consacrée à ce point.


D

Demande effective : dans la terminologie keynésienne, désigne la demande globale perçue (anticipée) par les entrepreneurs, à partir de laquelle ils prennent leurs décisions de production et d’emploi.

Demande globale : somme des demandes individuelles sur un marché (voire pour toute l'économie, en macroéconomie).

Demande nette : synonyme d’excès de demande, c’est la différence entre la demande globale et l’offre globale.

Défaillances du marché : situation dans laquelle l’efficacité maximale ne peut être atteinte par les mécanismes du marché, notamment en présence d’une situation de monopole ou d’oligopole, d’effets externes ou de biens publics.

Déflation : diminution générale et durable du niveau général des prix.

Délais de la politique économique : expression de Milton Friedman qui désigne la période comprise entre la décision de politique économique et ses effets.
Friedman considère qu’il y a deux types de délais : les délais internes qui correspondent au délai compris entre la décision de politique économique et sa mise en oeuvre effective et les délais externes qui correspondent au délai compris entre la mise en place de la politique et ses premiers effets sur l’activité.
Friedman considère que l’existence de ces délais rend néfastes les politiques conjoncturelles. En effet, selon lui, lorsque l’économie est en récession et que le gouvernement décide d’une politique de relance, lorsque cette politique prend effet, le cycle s’est retourné, on est naturellement en phase d’expansion. La politique économique a comme seule influence d’accentuer cette expansion et de créer une surchauffe de l’activité. Si, à ce moment là, le gouvernement prend des mesures pour ralentir l’activité, le phénomène symétrique apparaît : les effets la politique économique se manifestent lorsque l’économie est entrée en phase de contraction et ils accentuent le marasme économique.
En fin de compte, la politique économique s’avère donc procyclique alors qu’elle a pour but d’être contracyclique

Dépression : conjoncture caractérisée, baisse de l’offre globale (mesurée en pratique par le PIB).

Dépréciation : en changes flexibles, baisse de la valeur d’une monnaie par rapport aux autres, par le jeu de l’offre et de la demande sur le marché des changes.

Désinflation : baisse du taux d’inflation.

Désinflation compétitive : politique économique qui consiste à s’appuyer sur un faible taux d’inflation pour rendre les entreprises nationales compétitives.
Le processus recherché est le suivant : en maintenant un faible taux d’inflation, on conserve un taux de change relativement élevé. Cela a deux effets : d’une part, les exportations sont pénalisées, ce qui oblige les entreprises pour rester compétitives à faire des efforts sur les coûts (salariaux notamment) ; d’autre part, une monnaie forte réduit le coût des importations, ce qui est un avantage. Au total, les entreprises nationales sont plus compétitives. D’autre part, une faible inflation assure un niveau faible des taux d’intérêt à long terme, ce qui favorise l’investissement.

Dévaluation : en changes fixes, décision d’un gouvernement de diminuer la valeur de sa monnaie par rapport aux autres monnaies.

Diviseur monétaire : relation qui détermine la création monétaire dans une économie d’endettement. La base monétaire est déterminée par la quantité de crédit octroyée par les banques (qui se retournent ensuite vers la Banque Centrale pour leur refinancement, d’où la variation de la base monétaire). L'offre de monnaie est exogène. Cette relation est : dB = 1 / k dCr. Avec B la base monétaire, k le multiplicateur de crédit, 1 / k le diviseur et Cr le crédit distribué par les banques. Voir aussi multiplicateur monétaire.

Duopole : situation de marché de concurrence imparfaite caractérisée par la présence de deux offreurs face à un grand nombre de demandeurs.


E

Economie : selon Jean-Baptiste Say, il s’agit de la science qui étudie la production, la répartition, la distribution et la consommation des richesses dans la société.
Selon Lionel Robbins, l’économie est la science qui étudie les comportements humains en tant que relation entre les fins et les moyens rares à usages alternatifs.
D'un point de vue sémantique, l'Economie a pour particularité de porter le même nom que son objet d'étude.

Economie de marché : économie caractérisée par :
- la propriété privée des moyens de production ; - la recherche légitimée de l’intérêt personnel ; - l’allocation des ressources est guidée par les mécanismes de prix.

On peut ajouter que la décentralisation des échanges est assurée par l’utilisation de la monnaie, quoique le troc est une forme possible d’économie de marché.

Economies d’échelle : il y a économies d’échelle lorsque l’accroissement de la production permet de diminuer le coût moyen. Lorsqu’il y a économies d’échelle, il y a également rendements croissants. Le contraire est " déséconomies d’échelle ".

Effet de substitution et effet de revenu : dans une situation où le prix d’un bien A diminue par rapport à celui d’un autre bien B, deux réactions sont possibles pour un consommateur :
- il peut choisir de consommer plus de A qui est devenu moins cher. On dit que l’effet substitution l’emporte ;
- il peut consommer autant de A (ce qui lui coûte moins cher qu’avant) et utiliser les économies réalisées à consommer plus de B. On dit que l’effet revenu l’emporte.
Le choix dépendra de la fonction d’utilité du consommateur, qui représente ses préférences en termes de quantités de A et B consommées.

Effet d’annonce : effet recherché par les autorités de la politique économique lorsqu'elles annoncent des mesures à venir. Elles souhaitent ainsi influencer le comportement des agents économiques dans un sens souhaité. Exemple : en annonçant une faible progression de la masse monétaire, la banque centrale espère réduire les anticpations inflationnistes.

Effet d’encaisse réelle : l’encaisse réelle d’un agent est le rapport de la somme de monnaie qu’il détient sur le niveau général des prix. Lorsque les prix augmentent, la perte de pouvoir d’achat des encaisses monétaires détenues (pour un motif de précaution) pousse les consommateurs à refaire leurs calculs de consommation, d’épargne et de demande de monnaie. Ils demandent plus de monnaie (en termes nominaux) et moins de biens. La demande de biens diminue, d’où une baisse du niveau général des prix qui conduit les agents à refaire de nouveau leurs calculs. Il demandent moins de monnaie puisque leurs encaisses réelles ont augmenté et plus de biens. On revient à la position initiale au bout d’un certain temps. Auteurs de référence : Knut Wicksell, A.C. Pigou, Don Patinkin. Voir aussi la question-réponse sur ce thème.

Effet d’éviction : décrit le mécanisme par lequel la hausse des dépenses publiques induit une baisse équivalente (ou pas ) des dépenses privées d’investissement par la hausse du taux d’intérêt qu’elles provoquent sur le marché des fonds prêtables dans la théorie néoclassique et sur le marché de la monnaie dans le modèle IS-LM.

Effet externe : il y a effet externe lorsque l’activité d’un agent a une influence sur la satisfaction d’un autre agent. Il existe des effets externes de consommation et de production ; des effets externes positifs et négatifs. Exemples : un individu écoute de la musique à proximité d’un autre individu qui n’a pas les mêmes goûts musicaux. Il y a effet externe négatif de consommation. Une entreprise rejette des déchets dans une rivière. Il y a effet externe négatif de production pour les riverains qui utilisent l’eau de la rivière. Une entreprise engage une agence de sécurité pour protéger le quartier dans lequel elle est située. Il y a effet externe de production (puisqu’il s’agit d’un acte lié à la production) et de consommation pour les particuliers qui sont eux aussi protégés. Dans tous les cas, celui qui subit ou bénéficie des effets externes n’est pas rémunéré pour les coûts encourus ou ne paie rien pour les avantages retirés. C’est une défaillance du marché qui, normalement, devrait rémunérer chacun selon les services rendus ou les coûts générés à autrui.

Efficacité : Réalisation d'un objectif fixé.

Efficacité marginale du capital : selon Keynes, il s’agit du rendement escompté d’un bien en capital, c’est-à-dire les revenus que l’utilisateur espère en retirer pendant la durée d’utilisation et la vente de sa production, déduction faite des dépenses courantes de production. C’est la comparaison avec le taux d’intérêt monétaire qui va déterminer si on réalise ou non un investissement : si l’efficacité marginale du capital est supérieure au taux d’intérêt, l’investissement est réalisé.

Efficience : l’efficience caractérise une situation dans laquelle un objectif fixé est réalisé en utilisant pour cela le moins de ressources possibles.

Elasticité : mesure la variation relative d’une variable en fonction de la variation relative d’une autre variable. Exemple : l’élasticité de la demande d’un bien par rapport à son prix, exprime de combien de pour cent la demande diminue lorsque le prix augmente de un pour cent. Mathématiquement, l’élasticité de x par rapport à y s’écrit : e (x/y) = (dx / x) / (dy / y)

Encadrement du crédit : instrument de politique monétaire qui consiste pour les autorités monétaires à définir de manière réglementaire le volume de crédit qui sera émis par les banques. C’est une pratique qui n’est plus employée aujourd’hui.

Endogène : se dit d’une variable qui est déterminée par le fonctionnement d’un modèle. Exemple : dans IS-LM, le taux d’intérêt d’équilibre (entre autres !) est endogène.

Entrepreneur (Schumpeterien) : personnage central dans la théorie de la croissance de Joseph Schumpeter. Schumpeter distingue deux types d’entrepreneurs.
L’entrepreneur innovateur est un individu qui crée des innovations (donc prend des risques) dans le but de s’octroyer une rente de monopole. L’entrepreneur imitateur est celui qui imite l’innovateur et accroît la production des biens issus de l’innovation.
Selon Schumpeter, c’est le comportement de recherche de rente des entrepreneurs ionnovateurs qui permet à l’économie de sortir des phases de stagnation par la création de nouvelles innovations qui engendrent des périodes de croissance

Entreprise : unité économique autonome combinant divers facteurs de production, produisant pour la vente des biens et des services et distribuant des revenus en contrepartie de l’utilisation des facteurs.
L'entreprise est généralement associée, à juste titre, au motif de profit. Mais dans la réalité (entreprises publiques), comme dans la théorie (théories de l'entreprise managériale, par exemple), le motif du profit n'est pas une constante de la définition de l'entreprise.

Epargne : on peut en donner plusieurs définitions :
- partie du revenu qui n’est pas consacré à la consommation immédiate ;
- renoncement à la consommation ou abstinence, d’où l’intérêt reçu.
- excès du revenu sur la dépense de consommation. L’épargne est un résidu, un phénomène passif, pas un acte volontaire dans le but de l’abstinence. C’est la définition de John Maynard Keynes.

Epistémologie : Etude critique des principes, des hypothèses et des résultats des diverses sciences destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée objective.

Equation quantitative de la monnaie : elle est due à Irving Fisher (1907). Elle s’écrit : MV = PY . Avec M la masse monétaire, V la vitesse de circulation de la monnaie, P le niveau général des prix, Y le volume des transactions (ou de la production globale). En soit, c’est une équation comptable qui traduit l’équilibre monétaire d’une économie. Elle signifie que le volume de liquidités en circulation MV est équivalent à la production en valeur de l’économie PY et que toute inégalité est corrigée par la variation d’un ou de plusieurs des termes de l’équation. Cela dit, elle peut être interprétée selon différentes théories. La théorie quantitative de la monnaie énonce que lorsque M augmente, V et Y étant constants dans la construction quantitativiste (Néoclassiques et, en particulier, Monétaristes), P augmente d’autant, à long terme. Pour d’autres courants (Banking school et keynésiens) la conséquence d’une hausse de M peut être une hausse de Y ou une baisse de V, la hausse de P n’arrivant que lorsque l’offre est inélastique. A la limite, on peut la lire en sens inverse et dire que c’est la hausse de Y qui induit une hausse de M (Banking school).

Equilibre économique : concept central en économie. Il s’agit d’exprimer la réalisation d’un état stationnaire (qui ne change pas) au niveau de l’optimum d’un agent (consommateur ou producteur), d’un marché (égalité offre / demande) ou d’une économie ( égalité offre / demande sur tous les marchés).

Equilibre général walrasien : situation dans laquelle tous les agents maximisent leurs fonctions objectif (profit pour les producteurs, utilité pour les consommateurs) et où sur chaque marché l’offre est égale à la demande.

Exogène : se dit d’une variable qui n’est pas déterminée par le fonctionnement d’un modèle. Exemple : dans IS-LM, les dépenses budgétaires et la masse monétaire sont des variables exogènes. On leur donne des valeurs pour voir quel est leur effet sur les variables endogènes.

Expansion : phase du cycle économique durant laquelle la production croît.

Exploitation (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Externalité : synonyme d’effet externe.


F

Facteurs de production : éléments dont la combinaison permet la production. On retient en général deux types de facteurs : le capital (auquel on adjoint parfois la terre) et le travail.

Fait stylisé : constat d’ordre empirique, généralement non quantifié, mais jugé représentatif du fonctionnement de l’économie. Les faits stylisés sont au coeur des discussions sur la démarche de la science économique. Certains auteurs contemporains (Kaldor par exemple) voudraient que les hypothèses des modèles en économie soient basées sur des faits stylisés, alors que d’autres (Friedman notamment) défendent une position inverse : les hypothèses n’ont pas à être réalistes, seule compte la capacité de prédiction des modèles.

Fonction de demande : relation entre la quantité d’un bien demandée et son prix, le prix des autres biens et le revenu d’un consommateur.

Fonction de production : relation entre la quantité produite d’un bien et les quantités des différents facteurs nécessaires à l’obtention du bien. Mathématiquement : Y = F ( K, L). Avec Y la production, K le capital utilisé, L le travail utilisé.


G

Globalisation : phénomène d’internationalisation des transactions commerciales et financières qui se caractérise par le jeu d’acteurs qui conçoivent leur activité et la recherche de l’efficience au niveau mondial.


H

Heckscher-Ohlin-Samuelson (théorème de) : le théorème HOS énonce qu’un pays doit se spécialiser (dans le commerce international) dans la production du bien pour lequel il détient un avantage en dotation factorielle. Exemple : si un pays A détient relativement plus de capital qu’un pays B et relativement moins de travail, le pays A se spécialise dans la production des biens nécessitant plus de capital et le pays B dans la production nécessitant plus de travail.

Homo-oeconomicus : sujet abstrait, symbole de la rationalité dans les théories classique et néoclassique.

Homogénéité des produits : voir concurrence parfaite.

Hyperinflation : inflation très élevée et dont le rythme s’amplifie généralement toujours au cours du temps.


I

Illusion monétaire : appréciation erronée de l’évolution des variables réelles suite à la hausse ou la baisse des variables nominales. Exemple : il y a illusion monétaire lorsque l’inflation est de 5%, que les salaires augmentent de 5% et que les travailleurs pensent que leur revenu réel a augmenté.

Impôt/Taxe Tobin : impôt proposé par James Tobin dont le principe est de taxer les flux de capitaux pour réduire les mouvements spéculatifs. En taxant à 0,5 % les flux de capitaux, il estime que l’on pourrait à la fois décourager les mouvements purement spéculatifs, ne pas empêcher les réalignements de parité fondés sur les fondamentaux de l’économie et ne pas dissuader les mouvements de capitaux liés aux échanges commerciaux ou à des investissements productifs (dont l’échéance lointaine rendrait négligeable l’impôt sur le mouvement de capitaux initial).

Incertitude : état dans lequel il est impossible à un agent de formuler des prévisions sur le futur car il ne connaît pas la probabilité d'occurrence d’un évènement et / ou il ne connaît pas la totalité des évènements possibles dans le futur. Distinct du risque.

Indexation : méthode consistant à faire évoluer contractuellement un revenu en fonction de l’évolution d’une autre variable. Exemple : jusqu’au milieu des années 80, les salaires étaient indexés en France sur le taux d’inflation.

Indice des prix à la consommation : instrument pour mesurer l’évolution de l’ensemble des prix à la consommation. En économie, lorsqu’on parle du niveau général des prix, c’est à cet indice que l’on se réfère. Son principe de construction est le suivant : c’est une moyenne pondérée des prix des biens les plus consommés, chaque prix étant pondéré par l’importance relative du bien dans la consommation globale.

Inflation : hausse continue du niveau général des prix.

Institut d’émission : Banque Centrale (émet la monnaie).

Institutionnalisme : courant de la pensée économique qui met l’accent sur le rôle des institutions comme déterminant des phénomènes économiques. Quelques noms : au début du siècle, Thorsten Veblen, aujourd’hui Oliver Williamson ou Robert Boyer (France).

Institutions : ensemble de règles socio-historiques qui définissent le cadre dans lequel les agents économiques prennent leurs décisions d’allocation des ressources. Exemple : la monnaie est une institution car elle modifie la façon de procéder aux échanges par rapport au troc.

Intermédiation : mise en relation d’offreurs et de demandeurs sur un marché par un tiers. Exemple : les banques collectent l’épargne de leur clients, la placent sur le marché financier. Du côté de l’épargnant comme du côté de l’entreprise financée, le seul interlocuteur est la banque.

Investissement : au sens étroit, acquisition de biens de production en vue de l’exploitation d’une entreprise et de dégager un revenu ou augmentation de la capacité de production. Au sens large, acquisition d’un capital en vue d’en percevoir ou d’en consommer le revenu.

Isoquant : ensemble des combinaisons de facteurs (substituables) qui conduisent au même niveau de production.


J

*** :


K

Keynésianisme : doctrine issue de la théorie de John Maynard Keynes (1883-1946).

Know-How : savoir-faire, connaissances techniques particulières nécessaires à la reproduction d’un procédé de fabrication ou de distribution.

Krach : effondrement des cours boursiers apparaissant souvent à la suite de mouvements spéculatifs.


L

Learning-by-doing : apprentissage par la pratique. L'un des mécanismes évoqués pour expliquer la croissance dans les théories de la croissance endogène.

Libéralisme : pas forcément simple à définir. Doctrine économique qui prône la libre concurrence et qui s’oppose donc tant à l’intervention de l’Etat qu’à la constitution de monopoles ou d’oligopoles privés. Cette doctrine est fondée sur la conviction qu’il existe un ordre économique naturel réalisé par des mécanismes d’ajustement qui ne peuvent jouer que dans le libre jeu des initiatives individuelles sur des marchés.

Libre-échange : situation dans laquelle les flux économiques internationaux sont libres. Par extension, doctrine de l’échange international qui stipule que chaque pays participant à l’échange international à intérêt à n’opposer aucune contrainte aux flux économiques (biens, services, facteurs de production) entre pays. Le libre-échange améliorant la situation de tous. C’est une extension du libéralisme à l’ensemble des économies nationales.

Liquidité : propriété d’un bien à être utilisé plus ou moins rapidement dans un emploi donné. Exemple : la monnaie est l’actif liquide par nature pour opérer des transactions. Les liquidités d’une économie sont la somme des moyens de paiement disponibles dans cette économie.

Logrolling : procédure de marchandage parlementaire, qui consiste pour des parlementaires à échanger des votes sur des projets différents.

Loi d’Okun : relation mise en évidence par Arthur Okun (1962), qui exprime le taux d’évolution du taux de chômage comme une fonction décroissante du taux de croissance de l’économie. On en a déduit pour la France que si la croissance est situé entre 2,5 et 3%, le taux de chômage était stable dans les années 80. Depuis, il semblerait que ce chiffre soit plus proche de 2%.


M

Macroéconomie : branche de l’économie qui étudie les mécanismes économiques du point de vue de grandeurs et de groupes d’agents agrégés. La macroéconomie a pour but de construire des fonctions de comportement globales ad hoc où à partir d’hypothèses concernant l’agrégation de comportement microéconomiques et d’en déduire des mécanismes explicatifs du fonctionnement de l’économie dans son ensemble.

Main invisible : principe présenté par Adam Smith (1776) pour expliquer l’ordre naturel et le libéralisme économique. Par le jeu de la concurrence sur les marchés, la prospérité générale est assurée, pour peu que chacun ne se préoccupe que de son propre intérêt. Tout se passerait comme si une main invisible transformait la somme des intérêts individuels en un intérêt général.

Marché : lieu de rencontre d’une offre et d’une demande, duquel émerge un prix pour le bien échangé. Le marché désigne aussi en économie l’économie de marché dans son ensemble en tant que système économique autorégulé et en tant qu’institution. Voir économie de marché.

Marché à terme : marché sur lequel les échangeurs s’entendent par avance pour la livraison future d’un bien, service ou titre à un prix fixé par avance. Voir contrat à terme.

Marché à terme : marché où s’échangent les devises. Ce n’est pas un marché réellement localisé, c’est un réseau entre les cambistes des banques du monde entier. Les échanges se font à l’aide des instruments de télécommunications.

Marché financier : marché de la monnaie et des capitaux à long terme

Marché monétaire : marché de l’argent à court terme où les intervenants formulent des demandes et des offres de liquidité pour de courtes périodes. Longtemps réservé en France aux seules institutions financières, il est ouvert aux autres agents depuis les années 80.

Marx (Karl) : Pour quelques définitions importantes chez Marx, voir la rubrique questions et réponses du site.

Microéconomie : branche de l’économie qui s’applique à expliquer, sur la base de l’hypothèse de rationalité, le comportement d’agents isolés et d’en déduire les conditions de l’équilibre général walrasien.

Modèle économique : représentation simplifiée de la réalité économique ayant pour but de mettre en relation les variables significatives pour la compréhension des mécanismes économiques.

Monnaie : la monnaie peut se définir par les fonctions qu’elle remplit. Elles sont au nombre de trois :
- unité de compte (numéraire) ;
- instrument des échanges ;
- réserve de valeur.
Une bonne monnaie est celle qui remplit bien ces trois fonctions, les deux dernières étant les plus importantes.

Monnaie fiduciaire : billets de banque émis par la Banque Centrale.

Monnaie scripturale : ensemble des dépôts à vue dans les banques. Elle est créée et circule par des écritures, d’où le qualificatif de scripturale.

Monopole : structure de marché dans laquelle un seul offreur est confronté à un grand nombre de demandeurs.

Monopole bilatéral : structure de marché dans laquelle un seul offreur est confronté à un seul demandeur.

Monopsone : structure de marché où un seul demandeur est confronté à un grand nombre d’offreurs.

Multiplicateur keynésien : exprime la relation entre une variation de la dépense autonome (dépenses publiques, baisse d’impôts, exportations) et la variation du revenu (production) qu’elle entraîne. Supposons une dépense publique, une hausse du salaire des fonctionnaires, par exemple. Les fonctionnaires reçoivent un revenu supplémentaire. Ils en dépensent une partie (l’autre partie étant épargnée). Cette dépense est alors un revenu pour un autre agent dans l’économie qui a augmenté sa production. A son tour, cet agent consomme une partie de ce revenu vers un autre agent qui produit plus et dépense une partie de son revenu etc. Au final, il existe un effet multiplicateur de la dépense initiale qui a induit une production et des revenus supérieurs à sa valeur. Mathématiquement : Y = G / (1-c) Avec Y le revenu global, G les dépenses publiques et c la propension marginale à consommer le revenu. Comme 0 < c < 1, 1 / (1-c) > 1 et Y > G

Multiplicateur monétaire : relation qui explique la création monétaire dans une économie de marchés financiers. La Banque Centrale décide du montant de la base monétaire et les banques de second rang offre la quantité de crédit qui correspond à cette base monétaire. Cette relation s’écrit dM = k dB, avec M la masse monétaire, k le multiplicateur de la base monétaire et B la base monétaire.
Voir aussi diviseur monétaire
.


N

Neutralité de la monnaie : hypothèse des théories classique et néoclassique selon laquelle la monnaie n’aurait pas, au moins à long terme, d’influence sur l’activité réelle. Toute augmentation de la masse monétaire en circulation ayant pour seule conséquence une hausse proportionnelle du niveau général des prix.

Nouvelle économie : concept décrivant une nouvelle forme de fonctionnement de l'économie de marché depuis le milieu des années 1990, ou plus restrictivement, un ensemble d'activités aux caractéristiques de coûts communes, telles que l'informatique, les télécommunications etc. La nouvelle économie se caractérise par un ensemble de chocs techonologiques (technologies de l'information et de la communication, biotechnologies), un environnement économique ouvert (globalisation, dérégulations des activités économiques, privatisations et dérégulation des services publics) et des conditions financières nouvelles (disparition de l'inflation, réduction des déficits publics, développement des marchés financiers - dérivés en particulier).
Voir aussi la question-réponse sur ce thème.



O

Offre : Volume de biens ou de services proposé à la vente sur un marché.

Offre globale : Au niveau macroéconomique, c’est l’agrégation de toutes les offres de biens des différents marchés, sans distinction sur la nature du produit. On parle aussi d’offre agrégée.

Oligopole : structure de marché caractérisée par un petit nombre d’offreurs (supérieur à un) confronté à un grand nombre de demandeurs.

Oligopole bilatéral : structure de marché dans lequel un petit nombre d’offreurs sont confrontés à un petit nombre de demandeurs.

Oligopsone : structure de marché dans laquelle un petit nombre de demandeurs sont confrontés à un grand nombre d’offreurs.

Open market : technique d’intervention de la Banque Centrale sur le marché monétaire qui consiste à fournir ou reprendre des liquidités à ce marché en achetant ou vendant des titres. En anglais, open market désigne également le marché monétaire lui-même.

Optimum : Niveau jugé le meilleur dans une optique déterminée. Ou valeur d’une grandeur ou d’un ensemble de grandeurs parmi diverses autres et considérée comme la plus adaptée à la réalisation d’un ou plusieurs objectifs, compte tenu d’un ensemble de contraintes.

Optimum de Pareto : situation dans laquelle, on ne peut améliorer la situation d’un individu sans réduire la satisfaction d’au moins un autre individu.

Option : produit financier qui représente le droit d'opérer une transaction à une date ultérieure ou non, à des conditions données aujourd'hui. Exemple : une option (de change) d'achat dollars contre euros à 3 mois, à un taux de 1 dollar contre 1 euro, portant sur 500 dollars, donne le droit, dans 3 mois, d'acheter 500 dollars avec 500 euros dans 3 mois. Une option permet soit de se couvrir contre un risque, soit de spéculer.


P

Parité des pouvoirs d’achat : hypothèse sur la détermination des taux de change à long terme, selon laquelle les taux de change entre monnaie doivent se déterminer de telle sorte que les monnaies aient le même pouvoir d’achat. Cela signifie que si une certaine quantité de francs permet d’acquérir un panier de biens donné, alors après sa conversion en dollars, cette somme permettra d’acheter le même panier de biens aux Etats-Unis.

Parité des taux d’intérêt : hypothèse selon laquelle, en économie ouverte lorsque les capitaux sont parfaitement mobiles, la concurrence entre places financières conduit à une égalisation des taux d’intérêt dans tous les pays.

Passager clandestin : comportement d’un individu qui dissimulent ses préférences pour un bien public dans le but de profiter de sa production sans contribuer au financement de ce bien public.

Plus value (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Politique budgétaire : politique économique conduite au moyen du budget de l’Etat pris globalement, incluant l’action par les recettes et l’action par les dépenses publiques.

Politique commerciale : politique adoptée par une nation, dans le cadre du commerce extérieur et pouvant se traduire par la " libéralisation " des échanges, le contingentement, l’abaissement ou le relèvement des droits de douane, des subventions à l’exportation etc. Le but de ces politiques est de favoriser les exportations nationales.

Politique conjoncturelle : ensemble des actions délibérément adoptées en vue de la régulation de la conjoncture, que ce soit par l’intermédiaire de la politique budgétaire, de la politique monétaire, des revenus etc. On résume ses objectifs par la formule dite du " carré magique " : stabilité des prix, plein-emploi, expansion et équilibre extérieur.

Politique des revenus : ensemble d’orientations indicatives et concertées destinées à éviter des hausses de prix et de salaires trop importantes.

Politique économique : action consciente de la puissance publique se traduisant par la définition d’objectifs économiques et sociaux et la mise en oeuvre des moyens nécessaires pour les atteindre.

Politique monétaire : Actions délibérées des autorités monétaires (Banque Centrale) sur la masse monétaire et les actifs financiers en vue de la régulation de l’économie à court et moyen terme. Actuellement, on reconnaît comme objectif principal de la politique monétaire la stabilité des prix.

Pouvoir d’achat : quantité de biens et de services qu’une somme d’argent permet d’acquérir. Le pouvoir d’achat décroît avec l’inflation.

Préférence pour la liquidité : terme utilisé par John Maynard Keynes pour désigner la demande de monnaie. Selon lui, cette préférence pour la liquidité se justifie par trois motifs :
- un motif de précaution qui fait que l’on veut toujours conserver une partie de sa richesse sous forme monétaire en cas de nécessité imprévue,
- un motif de transaction,
- un motif de spéculation.
On conserve toujours une partie de son patrimoine liquide pour pouvoir profiter de bonnes occasions.

Prix : rapport d’échange entre deux marchandises proposées à l’échange. Un prix est toujours quelque chose de relatif. Lorsqu’il s’agit de prix monétaires, la référence devient la monnaie. Mais on peut toujours l’exprimer dans un autre numéraire.

Prix d’équilibre : prix d’échange qui résulte de l’égalisation de l’offre et de la demande sur un marché.

Prix nominal, prix réel : un prix nominal est un prix exprimé simplement en unités monétaires. Un prix réel est un prix monétaire rapporté au niveau général des prix. Exemples : le salaire nominal se note W en économie, le salaire réel W / P où P est le niveau général des prix.

Productivité marginale : il s’agit de la production additionnelle que l’on obtient en utilisant un unité supplémentaire de facteur.

Productivité ou productivité moyenne : rapport entre la production et les facteurs ou certains facteurs qui ont permis de l’obtenir.

Produit Intérieur Brut (PIB) : mesure de la production de biens et services d’un pays avec comme critère retenu la production sur le territoire national quel que soit la nationalité des producteurs. Ce qui signifie qu’une filiale à l’étranger d’un groupe français ne contribue pas au PIB français, mais qu’une filiale d’un groupe étranger installée en France y contribue. Voir aussi PNB. Il n’y a pas, à proprement parler d’indicateur idéal (PNB ou PIB), on utilise l’un ou l’autre selon le sujet qui nous intéresse.

Produit National Brut (PNB) : mesure de la production de biens et services d’un pays avec comme critère la nationalité des producteurs. Ce qui signifie qu’une filiale à l’étranger d’un groupe français contribue au PNB français, mais qu’une filiale d’un groupe étranger installée en France n’y contribue pas. Voir aussi PIB. Il n’y a pas, à proprement parler d’indicateur idéal (PNB ou PIB), on utilise l’un ou l’autre selon le sujet qui nous intéresse.

Produits dérivés : contrats financiers qui sont basés sur l’évolution du cours d’un actif sous-jacent sans qu’il n’y ait livraison de cet actif à l’échéance. Exemple : un contrat basé sur l’évolution du CAC 40.

Profit : définition courante : excédent des recettes d’une entreprise sur ses coûts de fonctionnement. Définition du profit dit pur en économie : revenu résiduel après que l’entreprise ait rémunéré ses facteurs de production (capital - i.e. actionnaires et prêteurs - et travail). Pour Joseph Schumpeter et Frank Knight, le profit pur serait la rémunération du risque non assurable que prend l’entrepreneur. Le profit est aussi la fonction que le producteur maximise dans la théorie néoclassique.

Progrès technique : processus général de développement et de perfectionnement des méthodes et des moyens de production destinés à une plus grande maîtrise de la nature par l’homme. On dit qu’il y a progrès technique entre t et t + 1 si, à partir d’autant de facteurs de production, on peut obtenir plus de produit. Ou, si on peut obtenir autant de produit à partir de moins de facteurs. Ce qui est équivalent. Les causes du progrès technique sont l’investissement immatériel (en Recherche -Développement par exemple, l’accumulation du capital humain, l’apprentissage par la pratique, la différenciation des biens de production (qui permet à chaque entreprise d’obtenir " la " machine la mieux adaptée à son activité) etc.

Propensions moyenne et marginale à consommer (épargner) le revenu : la propension moyenne à consommer (épargner) le revenu est la part du revenu d’un ménage qui est consommée (épargnée). Formellement : cM = C / Y où C est la consommation et Y le revenu, cM la propension moyenne à consommer. La propension marginale à consommer est la part d’un revenu supplémentaire qui est consommée (épargnée). Formellement : c = C / Y. Les propensions moyenne et marginale à consommer sont comprises entre 0 et 1 (mais différentes de 0 et de 1).

Protectionnisme : doctrine ou politique qui vise à protéger de la concurrence extérieure le marché intérieur d’un pays par différentes mesures (droits de douane, contingentement et obstacles non tarifaires variés)


Q

Quantitativisme : voir équation quantitative de la monnaie


R

Rareté : caractéristique des biens économiques qui n’existent pas à l’état naturel en quantité illimitée. S'entend de manière plus claire lorsqu'on considère le caractère illimité des besoins humains.

Rationalité : en économie, la rationalité est considérée comme l’attitude des agents qui recherchent le maximum de satisfaction au moindre coût. Cette satisfaction étant soit traduite par une utilité (cas du consommateur néoclassique par exemple), soit par un revenu (cas du profit pour la firme néoclassique par exemple). Pour être quasiment neutre, le principe de rationalité ne doit pas être compris dans une logique où les résultats d'une action rationnelle serait forcément les meilleurs. Un agent peut être rationnel et atteindre une valeur de ses objectifs médiocres. Tout dépend des informations dont il dispose (comme dans la théorie des jeux où le comportement que vont adopter les autres compte au delà de son propre comportement) ou de ses capacités à prendre une décision (exemple de la rationalité limitée de Simon).

Recette marginale : recette apportée par la dernière unité de produit vendue.

Relance : politique conjoncturelle destinée à donner une impulsion nouvelle à l’économie dans une phase de ralentissement, de récession ou de dépression.

Rendement : rapport entre la quantité de produits obtenus et une quantité donnée de facteurs de production, exprimés en unités physiques). Voir aussi productivité.

Rendements d’échelle croissants, constants et décroissants : on dit que les rendements d’échelle d’une production sont croissants si lorsqu’on multiplie par un même nombre l la quantité de tous les facteurs utilisés dans la production, la production est multipliée par un nombre supérieur à l . Mathématiquement : une fonction de production est à rendements croissants si elle homogène de degré supérieur à 1. On dit que les rendements d’échelle d’une production sont constants si lorsqu’on multiplie par un même nombre l la quantité de tous les facteurs utilisés dans la production, la production est multipliée par ce nombre l . Mathématiquement : une fonction de production est à rendements constants si elle homogène de degré 1. On dit que les rendements d’échelle d’une production sont décroissants si lorsqu’on multiplie par un même nombre la quantité de tous les facteurs utilisés dans la production, la production est multipliée par un nombre inférieur. Mathématiquement : une fonction de production est à rendements décroissants si elle homogène de degré inférieur à 1. Exemple : la fonction Y = K L est à rendements croissants. En effet, si on multiplie par deux la quantité de facteurs, on obtient 2K x 2L = 4 KL = 4 Y. Or, 4 KL > 2 Y.

Rente : surplus de revenu d’un facteur de production provoqué par l’inélasticité de l’offre par rapport à son prix (l’offre est constante), en raison de la non reproductibilité du facteur.

Revenu permanent : dans la théorie du revenu permanent de Milton Friedman, représente l’intérêt de la richesse d’un individu, la partie de cette richesse qui peut être consommée en conservant le patrimoine de l’agent identique. Pour Friedman, la consommation dépend du revenu permanent et non pas du revenu courant, comme c’est le cas chez John Maynard Keynes.

Récession : conjoncture caractérisée par une baisse du taux de croissance de l’activité économique, ce taux restant cependant positif.

Réévaluation : contraire de dévaluation.

Réserves de change : liquidités internationales détenues par les Banques Centrales qui leur permettent d’intervenir sur le marché des changes et de financer les échanges internationaux.

Réserves obligatoires : volume des liquidités que les banques sont contraintes de mettre en dépôt à la Banque Centrale dans le cadre de la politique des réserves obligatoires. En obligeant les banques à laisser une certaine quantité de liquidités inactives, la Banque Centrale les empêche ainsi de créer la monnaie qui correspond à ce volume de base monétaire.

Rigidité : absence de réaction d’une variable au changement d’une autre variable qui est généralement considérée comme déterminante.

Risque : situation dans laquelle les agents connaissent les évènements possibles futurs et les probabilités d’occurence de ces évènements possibles. Exemple : lorsqu’on tire au dés, on sait que l’on peut avoir 1, 2, 3, 4, 5 ou 6, avec pour chacun la probabilité 1 / 6.


S

Say (loi de) : grosso modo, "loi" qui énonce que toute offre crée automatiquement sa propre demande par les revenus qu’elle crée dans l’économie.

Slumpflation : stagflation en anglais.

Spéculation : " Achat (ou vente) de marchandises en vue d’une revente (ou d’un rachat) à une date ultérieure, là où le mobile d’une telle action est l’anticipation d’un changement des prix en vigueur, et non un avantage résultant de leur emploi, ou une transformation ou un transfert d’un marché à un autre. " (définition de Nicholas Kaldor, 1939).

Stabilisateurs automatiques : mécanisme de dynamisation de l’équilibre budgétaire de l’Etat au cours du cycle économique. En période de croissance, les revenus sont élevés, donc les recettes fiscales le sont aussi. Au sommet de la phase d’expansion, il existe un excédent budgétaire. En période de récession, à l’inverse, les recettes fiscales sont moins importantes. Au plus fort de la récession, il existe un déficit budgétaire. Ainsi, par cycle, le budget ne sera équilibré qu’à un seul moment, mais il est équilibré en moyenne. Ce mécanisme est invoqué pour justifier les politiques économiques prônant d’accepter un déficit budgétaire important en période de récession. Aujourd’hui, les stabilisateurs automatiques jouent encore mais avec un biais dans le sens du déficit.

Stagflation : conjoncture économique caractérisée par une faible croissance et une inflation importante.

Stop and go : politiques économiques suivies dans l’après-guerre jusqu’aux années 70 qui consistaient à alterner des phases de relance de l’activité auxquelles succédaient ensuite une politique de rigueur pour contenir les poussées inflationnistes. Elles s’appuyaient, en particulier sur l’arbitrage inflation-chômage de la courbe de Phillips.

Surplus : avantage obtenu par un consommateur ou un producteur du fait d’un prix inférieur (consommmateur) ou supérieur (producteur) à ce qu’il était disposé à payer (consommateur) ou à accepter (producteur) pour un produit. La somme des surplus individuels est appelé surplus collectif et est une mesure du bien-être de la collectivité.


T

Taux de change : valeur d’une monnaie nationale exprimée dans une autre monnaie.

Taux de chômage naturel : Voir chômage naturel

Théorie des jeux : branche de l’économie qui étudie les situations où des agents rationnels prennent des décisions stratégiques, c’est à dire en fonction du comportement supposé ou effectif d’un nombre limité d’autres agents.

Thésaurisation : détention non productive de richesses sous forme monétaire.

Titre : document représentant un droit de propriété ou une créance.

Transformation des prix en valeur (problème de la) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Trappe à la liquidité : expression utilisée pour désigner une situation où la demande de monnaie est parfaitement élastique au taux d’intérêt qui est alors à son niveau plancher.


U

Union monétaire : ensemble de régions ou de pays ayant une monnaie commune.

Utilité : reflet de l’importance qu’un individu attache à un bien, compte tenu de son aptitude à satisfaire un besoin économique. L’utilité en économie est un concept important qui permet, entre autres, de déterminer les fonctions de demande des consommateurs.

Utilité collective (fonction d’) : fonction d’utilité représentant l’utilité d’une somme d’individus comme un seul. Son intérêt est de permettre à un décideur public de baser ses actions sur la maximisation de cette fonction. La construction d’une telle fonction est problématique lorsque les individus qui constituent la communauté ont des préférences distinctes, car il faut alors déterminer quelle sera la pondération des préférences individuelles dans la fonction collective. John Kenneth Arrow a montré qu’une fonction d’utilité collective qui ne violerait pas les conditions de la rationalité individuelle ne peut être construite que sous des conditions très restrictives. Ces recherches portent le nom de " théorème d’impossibilité d’Arrow-Condorcet ". Exemple de fonction d’utilité collective : soit une communauté de 3 individus aux préférences représentées par des fonctions d’utilité différentes, U, V,X. Une fonction d’utilité collective (arbitraire) peut s’écrire sous la forme : W = 0,3 U + 0,5 V + 0,2 X


V

Valeur d'échange (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Valeur d'usage (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Valeur travail (chez Marx) : Voir les textes sur Marx dans la rubrique questions et réponses du site.

Variable : grandeur susceptible de prendre différentes valeurs.

Vitesse de circulation de la monnaie : mesure le flux de transactions qu’une masse monétaire donnée permet de financer au cours d’une période donnée.


W

Walras (loi de) : s’énonce ainsi : dans une économie où il existe n marchés, si (n-1) marchés sont en équilibre, alors le n-ième marché est aussi en équilibre. Exemple d’application de ce principe : dans le modèle IS-LM, il existe 3 marchés : celui des biens et services, celui de la monnaie et celui des titres. En vertu de la loi de Walras, on considère que le marché des titres est en équilibre et on analyse seulement les deux autres marchés.

Welfare Economics : économie du bien-être en anglais.


Z

Zone monétaire : ensemble géographique qui respecte les règles suivantes : - parité fixe entre monnaies des zones de l'ensemble ; - convertibilité des monnaies ; - harmonisation des réglementations de change. En général, ce regroupement se fait autour d’un pays et de sa monnaie jugée comme référence en termes de stabilité. Il existe des zones monétaires officielles (zone franc, zone sterling) et d’autres informelles (zone dollar, zone mark avant l'euro).

 

 

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